Guinée : Les défenseurs des droits de l'homme ne doivent pas fermer les yeux ou se taire sur ces cas de violation des droits des citoyens.
Un manifestant guinéen arrêter par des policier à Conakry

Guinée : Les défenseurs des droits de l’homme ne doivent pas fermer les yeux ou se taire sur ces cas de violation des droits des citoyens.

Sous le régime du Général Lansana Conté, on a tous dénoncé le Camp Koundara où de nombreux compatriotes ont été détenus pour diverses raisons. Aujourd’hui, on parle du Camp de Soronkoni et peut-être d’autres camps comme probables lieux de détention de personnes “préventivement” arrêtées à Conakry ou ailleurs à la veille ou à l’occasion de manifestations.

Le ministre de la Sécurité évoquant de façon indirecte et pour peut-être justifier cette situation affirme que ” nous sommes face à une menace qui ne dit pas son nom” sans toutefois indiquer la nature de cette menace. Mais, outre le fait que la législation guinéenne ne prévoit aucunement ce qu’on peut appeler une ” arrestation preventive “, la détention de personnes en des lieux non destinés à cela et en dehors du contrôle de la justice est une menace sérieuse sur les droits et libertés individuels. Aucune situation d’exception ne peut justifier la violation des droits et libertés des citoyens dit la Constitution. Les camps militaires ne sont pas des lieux de détention de citoyens. Ils se révèlent plutôt comme des zones de non droit. En effet, les citoyens détenus dans les camps militaires ne peuvent recevoir ni la visite de leurs avocats ni celle de leurs parents ou des défenseurs des droits de l’homme. Les procureurs de la République n’ont aucune autorité sur les camps militaires. Par voie de conséquence, personne ne peut connaitre les conditions de leur détention.
D’ailleurs, les militaires sont très hostiles à la présence des avocats et se montrent parfois très agressifs à leur égard lorsqu’ils s’intéressent à ces détentions arbitraires. ” Ici, ce n’est pas un tribunal; attendez au tribunal” disent-ils souvent avec un air menaçant. Gare à l’avocat qui ne comprend pas le message. Un avocat qui ne veut pas être violenté est donc obligé d’éviter de se rendre en ces endroits qui, une fois encore, ne relèvent pas d’un procureur de la République. Quel procureur prendrait-il d’ailleurs le risque de demander des comptes sur de tels agissements ? Il y en a peut-être mais ce doit être extrêmement rare.

C’est pourquoi il est important que l’opinion nationale et internationale soit alertée sur cette situation afin que les personnes détenues ne soient pas abandonnées à leur triste sort. Les défenseurs des droits de l’homme ne doivent pas fermer les yeux ou se taire sur ces cas de violation des droits des citoyens. C’est justement en cette période aussi cruciale qu’on a surtout besoin de les entendre. Malheureusement, depuis quelque temps, ils brillent par leur silence. Ce qui est inquiétant.

S’inquiète l’ex batonnier Me Mohamed Traoré sur sa page facebook

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