Bah Oury, un pompier pyromane en quête de rédemption ?
Bah Oury doit faire son mea culpa ? Encore faudrait-il qu’il sache pour quoi exactement. Parce que si l’on devait établir la liste de ses contradictions, revirements et reniements politiques, il faudrait plus qu’un simple aveu de culpabilité : il lui faudrait un livre de confessions.
Souleymane Souza Konaté, dans son interview avec nos confrères du site mosaiqueguinee.com, réclame de Bah Oury qu’il reconnaisse ses erreurs et assume ses responsabilités. Mais l’homme est-il seulement capable d’un tel exercice d’humilité ? Rien n’est moins sûr. Après tout, Bah Oury est un maître dans l’art de naviguer entre les vents, de s’adapter à chaque régime et de se réinventer selon l’opportunité du moment.
De l’opposant farouche au serviteur docile du CNRD
Il fut un temps où Bah Oury incarnait la voix de la résistance, dénonçant avec véhémence les abus, les fraudes et les dérives autoritaires. Aujourd’hui, le même Bah Oury s’érige en garant d’une transition qu’il sait pourtant chaotique, opaque et verrouillée.
Que lui est-il arrivé ?
- L’ambition du pouvoir l’a-t-elle rendu amnésique ?
- Ou bien a-t-il simplement choisi de troquer ses principes contre un poste ?
Quoi qu’il en soit, le voilà devenu Premier ministre d’une junte qui écrase toute opposition, bâillonne la presse et repousse indéfiniment l’échéance électorale. Et pourtant, Bah Oury nous parle de refondation et de retour à l’ordre constitutionnel. Quelle ironie.
Un mea culpa… pour quel crime ?
Si Bah Oury devait réellement faire acte de contrition, ce ne serait pas pour des erreurs passées, mais bien pour sa soumission actuelle au régime militaire.
- Comment peut-il justifier son silence sur la répression politique en cours ?
- Comment ose-t-il parler de démocratie alors que l’opposition est traquée ?
- Quel crédit donner à un homme qui, hier, dénonçait les dérives du pouvoir et qui, aujourd’hui, en devient le complice ?
Bah Oury doit faire son mea culpa, oui. Mais pas pour ce qu’on lui reproche dans cette interview. Il doit s’excuser devant le peuple guinéen pour avoir trahi ses propres idéaux, pour avoir servi de caution à un régime qui ne cherche qu’à se perpétuer.
Bah Oury : l’illusionniste politique
L’homme est habile, il faut le reconnaître. Il sait se présenter comme un réformateur, alors qu’il est devenu un simple exécutant des ordres du CNRD. Il tente de faire croire qu’il est le garant du dialogue, alors que ce dialogue est une mise en scène vide de sens.
Bah Oury n’a pas besoin de faire un mea culpa. Il a besoin d’être honnête avec lui-même et avec les Guinéens. Mais ça, c’est sans doute trop demander.
— conakrylemag




