A LA UNELa Plume à Jacques

Il y a exactement une semaine, un jour que le pays est dirigé par des militaires. (Jacques Lewa Lenoh)

Il y a exactement une semaine, un jour que le pays est dirigé par des militaires. Les guinéens ont dansé. A Conakry et à l’intérieur du pays. Ils ont même dansé à des endroits insoupçonnés. Certains se sont réjouis dans le silence. D’autres ont fait des déclarations à travers lesquelles ils rendent hommage aux nouvelles autorités et pourfendent l’administration Condé. C’est bien. Nous sommes tellement nécessiteux que nous voyons en cette nouvelle situation, une occasion pour tout changer et développer la Guinée.

 

Mais analysons calmement après la semaine de l’euphorie. Alpha Condé est détesté, parce qu’il s’est offert un troisième mandat. C’est vrai qu’il a eu tort et il devrait partir. Mais le troisième mandat, c’était en 2020. Le RPG arc en ciel et ses alliés l’ont voulu. Ils ont vidé les caisses de l’Etat pour acheter les consciences et ils se sont appuyés sur les forces armées guinéennes pour réprimer toute contestation. Les militaires, sont autant comptables de tout le bilan macabre du troisième mandat, que les partisans d’Alpha Condé. Il faut le dire, pour l’histoire. Pour les futures générations. Il ne faut pas accepter le mensonge qui dit, que les hommes en uniformes exécutent les ordres. Même illégaux. Des exemples de situations dans lesquelles les militaires ont pris leur responsabilité pour limiter les dégâts foisonnent.

 

Au Burkina Faso en 2014, les civils étaient dans les rues, pour empêcher Blaise Compaoré de s’offrir un cinquième mandat. Au 4ème jour de la protestation, alors que des pseudo-députés s’apprêtaient à toucher à l’intangibilité, les militaires sont intervenus. Bilan : 24 morts, le parlement brulé, Blaise chassé et le 5ème mandat n’a pas existé dans l’histoire politique du pays des hommes intègres.

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A Madagascar en 2009, les manifestations contre la vie chère ont contraint, Marc Ravalomanane a quitté le pouvoir. Parce que l’armée avait rejoint le peuple qui ne supportait plus la hausse généralisée des prix de tous les produits de consommation.

 

En 2020 au Mali, les civils ont protesté contre la gouvernance d’IBK qui venait de passer seulement 2 ans à la tête du pays, au compte de son second mandat légal. Il y a eu 23 morts, les militaires sont intervenus pour le contraindre à démissionner. Limitons nous là.

 

En Guinée, je ne peux compter le nombre de manifestations contre la volonté d’Alpha Condé de s’offrir un troisième mandat. Les intellectuels ont pris position. Des journalistes aussi. Certains vont payer pour cela. Trois de ses ministres ont démissionné. Le Front National pour de la défense de la constitution a dénombré 92 morts, des centaines de blessés et de prisonniers. Et la finalité, le Président Condé a eu son troisième mandat, comme il l’avait promis dans une interview. Et je le cite : « ailleurs, il y a eu des morts, mais ils l’ont fait ». Fin de citation.

 

Les militaires qui tiennent aujourd’hui les bons discours, ont participé à la fabrication du troisième mandat et à la répression, du début à la fin. Les Généraux Ansoumane Bafoué et Ibrahima Baldé étaient aux commandes, leurs adjoints de Conakry à l’intérieur du pays ont obéi. Les militaires n’ont pas seulement laissé faire, ils ont accueilli des prisonniers politiques au Camp de Soronkoni à Kankan, comme au Camp Boiro, autrefois. Alors la vérité pour l’histoire, le coup d’Etat du 5 septembre n’est pas intervenu contre le troisième mandat. Les militaires n’ont pas répondu à l’appel du peuple à temps. Ou peut-être même pas. Et nous risquons de ne jamais connaître la vérité sur les raisons véritables du putch, au-délà des spéculations actuelles.  

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On peut cependant être indulgent, parce qu’ils rétablissent la justice. Comme des pécheurs, ils se repentent. Ils peuvent alors demander pardon. Et ne pas faire comme le gouvernement Kassory dont des ministres étaient devenus trop arrogants. Ils doivent garantir à tous la sécurité, les libertés individuelles et accepter d’entendre nos critiques. Nous le ferons pour le peuple. Pour nos compatriotes ruraux qui n’ont pas l’occasion de donner leur avis sur la gouvernance. Ils ne sont même pas invités aux concertations qui s’ouvrent demain au palais du peuple.

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