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Le commissaire Bangaly Kourouma
Le commissaire Bangaly Kourouma

Kabélé fait joué sa communauté pour dégagé Kourouma !

Tout se serait joué à Coyah jeudi dernier à l’occasion de l’inauguration du pont de Kaaka. Les sages et certains leaders d’opinion du ‘’Soumbouyah’’ ont clairement fait savoir à Alpha Condé qu’ils ne sont pas contents de la manière dont leur fils, maître Abdoul Kabélé Camara, le ministre de la sécurité et de la protection civile, est traité par Bangaly Kourouma, le directeur général de la Police Nationale avec le soutien de l’hôte du jour.

Comme à ses habitudes, Alpha Condé, pris de court, cherche à se justifier en jouant à la diversion teintée d’humour et de faux fuyants pour évacuer le sujet. Malheureusement, pour lui, les mines se serrent, elles sont graves et sont le signe d’une déception qui dérange Alpha Condé au point que ce dernier prend un ‘’uppercut’’ comme on le dit dans le jargon de la boxe.

Alors, devant ce qui semble ressembler à un désaveu et un probable lâchage de précieux soutiens, Alpha Condé se livre à son jeu favori: les promesses et tient une de plus qu’il a honorée, vendredi, bien malgré lui, en envoyant son protégé, Bangaly Kourouma, au garage présidentiel avec le titre ronflant de ministre conseiller, allongeant la liste dont certains se tournent les pouces dans la cour ou les couloirs du palais, sans bureau, ni la moindre chaise pour s’asseoir.

Maître Abdoul Kabélé vient d’être débarrassé d’un opportuniste, un imposteur, un démagogue et d’un flic qui devait certainement être un espion infiltré dans l’entourage même familial du général Lansana Conté, qu’il appelait affectueusement ‘’papa’’, et qui avait pris ses quartiers à Bouramayah, organisant des tournois de football doté des trophées des membres de la famille présidentielle.

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Une fois, alors que je me rendais à Koba- Bassengué pour me recueillir sur la tombe de ma mère qui y repose depuis le dimanche 26 mars 1961, j’ai trouvé Bangaly Kourouma à Kondeya, le village de Hadja N’mah, la mère du général Lansana Conté, avec des Italiens pour construire un stade. Il fallait bien connaître Bangaly Kourouma pour savoir qu’il n’était pas un fils du président-paysan.

Est-il besoin de se poser la question de savoir comment a-t-il pu être dans les grâces de Alpha Condé s’il n’était pas à son service, comme d’ailleurs des hommes de confiance du tolérant Général Lansana Conté, qui ont, aujourd’hui, la rançon de leur trahison ignoble par des postes juteux ?

Malheureusement, parmi ceux-ci, il y a même des journalistes que Lansana Conté a sorti de l’ornière, adoré et offert, poste sur poste, directeur général de la RTG, président du CNC ministre…, leur a évité la prison alors que la faute professionnelle commise les condamnait à une lourde peine. Quand ce sont eux qui deviennent les porte-paroles de notre corporation à un dîner de corruption offert par Alpha Condé, c’est bien dommage.

Pour revenir à Maître Abdoul Kabélé Camara, il faut dire qu’il représente une sérieuse menace pour Alpha Condé dans sa tentative de violer la constitution. En effet, son enracinement dans le ‘’Soumbouyah’’ constitue une articulation qui peut le porter. La famille Kabélé de Kouyéyah est, de par elle-même, et par ses alliances, au cœur de ce fertile et prospère terroir.

Le ministre de la sécurité et de la protection civile est le neveu direct de Karim Bangoura, fils aîné du chef de canton, intellectuel de premier plan, ambassadeur, ministre, dont la carrure et la forte personnalité lui ont valu d’être arrêté et jeté, mains et pieds liés, dans les eaux de la Fatala par Sékou Touré.

Karim Bangoura était aussi le bras droit de Barry Diawadou, le président du BAG (Bloc Africain de Guinée). Les deux habitaient la maison située en face du Musée National de Sandervalia. Barry Diawadou fut également arrêté et fusillé par Sékou Touré.

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L’autre, Almamy Kabélé Camara de la CAF, est le fils de la grande famille Kobélé et tout cet assemblage peut constituer un bon vivier électoral pour maître Abdoul Camara dont l’union avec Kadija, une des filles du professeur Sékou Mouké Yansané, pourrait faire basculer le Moriyah où une partie est dans son escarcelle.

Kindia où il a fait ses études secondaires, et le Tabounsou (Dubréka), jusqu’au Rio Pongô et le Rio Nunez, pourraient également basculer à cause de la simplicité de l’homme, le ‘’vrai soussou’’ qui, alors qu’il était ministre de la défense nationale, chassait sa garde rapprochée pour manger à table avec ses cousins paysans venus du village. Sans compter l’unité, la solidarité et le respect scrupuleux du droit d’aînesse chez les enfants du vieux Kabélé qui est, en fait, le prénom du père qu’ils ont tous ajouté aux leurs. Histoire de l’immortaliser.

Plus loin, la fixation d’une partie des familles Bangoura et Kobélé, sur les hauteurs du pays peul, à Pita notamment, et inversement, celles peules dans le ‘’Soumbouyah’’, sont des atouts relationnels, porteurs d’espérance, si jamais comme il se murmure, Maître Abdoul Kabélé Camara aurait un parti sous la manche, avec l’ardent désir de se porter candidat à la présidentielle de 2020.

En plus d’être bien apprécié en Haute et en Guinée Forestière, l’avocat est bien présent à l’international. A commencer par le Sénégal où il a effectué l’essentiel de sa carrière, et en France où il est bien connu de nombreuses personnalités. Et nulle part dans le pays de Molière, Alpha Condé n’est mieux logé à une enseigne plus que lui. Ça, Alpha Condé le sait et explique ses craintes de s’aliéner Maître Abdoul Kabélé Camara en donnant l’occasion à un semi-analphabète comme Bangaly Kourouma de se foutre de lui.

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C’est bien ce que j’aime chez le soussou, ce courage de dire ce qu’il pense et de le faire savoir à qui ce soit, les yeux dans les yeux. Et cela fut-il un Président de la République. C’est pourquoi, c’est toujours eux qui sont les porteurs de tous les changements intervenus dans notre pays. Ils furent, il faut s’empresser de le dire, la première richesse de la Guinée avec le triangle bananier Kindia-Coyah-Forécariah. Les peuls, flegmatiques, descendus sur la Côte à la recherche du sel et de la cola, étaient leurs domestiques de maison, alors que les Malinkés et Forestiers plus robustes, travaillaient dans leurs plantations. C’est bien cela la vérité historique. Jusqu’à preuve du contraire.

Amadou Diouldé DIALLO, journaliste et historien




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