Le lieutenant-colonel Ansoumane Bafoé bat violemment une-commissaire de police

Le lieutenant-colonel Ansoumane Bafoé bat violemment une-commissaire de police

La fille de l’ancien directeur  de l’antenne guinéenne de l’Organisation internationale de la police criminelle (Interpol), Bakary Termithe Mara a été “violemment” battue, le vendredi dernier. Doussou Termithe Mara, commissaire de police accuse l’actuel directeur des unités d’intervention de la CMIS, Ansoumane Camara Bafoé de l’avoir frappée chez elle à Sandervalia, dans la presqu’île de Kaloum.

Colonel Ansoumane Baffoe

Tout commence le vendredi dernier, quand  Doussou Mara apprend par un agent l’intention du lieutenant-colonel Bafoé d’occuper son domicile [domaine appartenant à l’Etat, qui était aussi occupé par son défunt père, Bakary Termithe Mara, NDLR]. Sans avoir reçu aucune notification de vider le lieu, l’officier Bafoé vient avec tout un “contingent” de policier pour déloger de force la commissaire Mara.

Altercations verbales
Le directeur des unités d’intervention de la CMIS entre dans la cour familiale et s’adresse immédiatement à Doussou Termithe Mara. “Sincèrement je ne le connaissais pas“, avoue-t-elle. Les discussions s’engagent, le ton monte entre les deux officiers de police. “Il me dit c’est toi Doussou, je dis oui. Il dit tu me connais, je lui dis non. Il dit personne ne t’a parlé de moi, je lui dis non.

Il me dit que je suis indisciplinée et impolie. S’il vous plaît monsieur Bafoé ne m’insultez pas chez moi avant tout je suis cadre comme vous “, explique-t-elle. Le lieutenant-colonel furieux s’approche d’elle et s’apprête à lui donner une paire de gifles. “Il me prend par la main de force, je lui dis laissez-moi. Il prend ma main, comme il a des ongles, ça m’a blessé.

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Il était avec ses brigadiers, j’ai dit à ces derniers vous avez vu il m’a blessé? Bafoé vous avez  vu vous m’avez blessé?“, ajoute-t-elle dans son récit. Le lieutenant-colonel hausse le ton et ordonne ses agents d’embarquer la commissaire au pick-up de la police.

Des traces de blessure sur la commissaire Doussou Termite Mara

 

Frappée violemment par des agents de la police
La commissaire est conduite manu-militari à la Sureté Urbaine de Conakry connue sous le nom de maison centrale. Elle est emprisonnée puis battue par des brigadiers chefs sous l’ordre de l’officier.

On m’avait frappé, si vous m’aviez vue ce jour-là! Ils se sont comporté comme des bandits à main armée. Ils me tapaient sur le visage, le lendemain ma tête a enflé.

Les enfants ont commencé à me taper dans la cour de la Compagnie Spéciale d’intervention de la Police (CSIP) jusqu’au bureau du Chef de la Sureté, Kassé et devant lui ils m’ont giflé, un certain Député et Bérété, ils étaient derrière Bafoé“.

Après avoir été battue, les conversations recommencent, le lieutenant-colonel Bafoé tente d’humilier la commissaire Doussou Termithe Mara. “J’ai dit à Kassé vous avez vu ils m’ont giflé avec mon titre de commissaire, Bafoé me répond et dis fous le camp, tu es une petite commissaire, tu viens de naitre.  Il dit monsieur Kassé j’enferme cette femme.  Il dit qu’il vient à cette maison parce que c’est lui qui assure la garde du président. Tes enfants subiront pure moi.  Il répond par me dire que si ces enfant restent dans la maison, que Dieu la détruise“.

 

Bafoé l’humilie et s’attaque à son défunt père
L’officier ordonne encore à ses hommes de prendre la jeune dame et la conduire à la compagnie mobile d’intervention et de la sécurité (CMIS). “Il envoie le pick-up, il me demande de monter derrière comme une voleuse. Il a fallu l’intervention des hommes du commandant Amadou qui lui ont dit que je suis aussi commissaire. On m’avait frappé, si vous m’aviez vu ce jour-là!“, relate-t-elle. Devant son oncle, l’officier Bafoé multiplie les injures. “Il dit que je fais la prostitution dans cette maison malgré je suis mariée.

Il dit que je suis prostituée“, ajoute-t-elle. Puis, l’officier Camara s’attaque  au feu père de la commissaire. “ Il dit quand il était garde de corps, il sait ce que les gens-là ont fait, ce qu’ils ont manigancé. Il parlait de mon père, il a attaqué un mort devant tout le monde“, narre-t-elle.

Doussou Termite Mara répondant aux  journalistes

 

“Qu’est-ce que mon père a fait à la police guinéenne?”
Très émue, des larmes aux yeux, la commissaire Doussou Termithe Mara ne comprend pas l’arrogance des autorités policières à l’égard de la famille de son père qui a “loyalement” servi sa nation. Revenant sur les distinctions décernées à son défunt père, la commissaire dit n’avoir pas mérité ce sort.

La police guinéenne a bien fait, comment elle peut aujourd’hui déloger une famille de Termithe Mara, qui s’est sacrifiée pour la police guinéenne“,

s’interroge-t-elle. Sept mois après le décès de son père, elle avait fait une demande qu’elle a déposée au secrétariat général du département de la sécurité. A l’époque,  c’est le général Mamadouba Toto Camara, qui était ministre d’Etat à la sécurité. “Je poursuivais mes démarches. J’ai eu une entrevue avec M. Kaita qui m’a dit qu’il allait faire de son mieux. J’ai fait deux ans et demi dans cette maison“.

Pendant ce temps, le directeur général adjoint de la police avec certains cadres du ministère  attribuent le domicile du défunt  directeur l’interpol Guinée au lieutenant-colonel Bafoé.  “Sékou Mara, directeur général adjoint de la police me dit de quitter cette maison. Je n’ai pas reçu un document me demandant de quitter le lieu pour Bafoé qui lui a été affecté. Il dit que Bafoé dort au bureau. Je lui dis que c’est son boulot, mon père dormait au bureau avec plaisir.

Je lui ai dit que quand j’ai appris j’ai été déçu de lui parce que je le voyais avec mon père. J’ai été reçue par tonton Madifing Diané [actuel ministre de la sécurité, NDLR]. J’ai dit tonton c’est vous qui avez dit de me vider de cette maison, il m’a répondu qu’il est venu trouver cette décision mais il a dit de me recaser.”
On ne sait pas ce que mon père lui a fait, nous on a pensé à une vengeance. Sinon la fille d’une policière, policière aussi. Peut-être que mon père a dû les faire quelque chose que j’ignore mais à ma connaissance je ne mérite pas ça. C’est comme qu’on récompense une orpheline de la police“.

 

Dadis avait détruit toutes les concessions de mon père
L’ancien chef de la junte militaire, le capitaine Moussa Dadis Camara, a dans sa rude lutte contre le trafic de drogue accusé le père de la commissaire Doussou  Termithe Mara de collaborer avec des narcotrafiquants. Depuis, l’ancien directeur de l’Interpol en Guinée, en disgrâce avec le régime d’alors,  a vu ses biens saisis. “Aujourd’hui, ils me demandent de déménager parce que selon eux mon père a construit pour moi. Et pourtant là où mon père avait construit pour ses enfants à Kagbelé, Dadis avait tout démoli. L’ancien premier ministre de Dadis [Kabiné Komara, NDLR) aussi nous a retiré les 21 parcelles pour donner aux indiens pour la construction d’une usine de cimenterie“, rappelle-t-elle.

La cour de la maison où réside la commissaire Doussou Termite Mara

 

La justice saisie du dossier
Ce lundi, la commissaire Doussou porte plainte au tribunal de première instance de Kaloum. “J’ai porté plainte contre lui pour coups et blessures volontaire, violation de domicile, séquestration, injures publiques. C’est la loi qui doit régner, nous ne sommes pas dans un Etat d’exception“, explique-t-elle en espérant que la “justice fera son travail“.

 

 

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