Ouvrez les écoles au risque d'ouvrir grandes les portes de la Maison centrale de Coronthie (Mady Bangoura)
Mady Bangoura
Mady Bangoura

Ouvrez les écoles au risque d’ouvrir grandes les portes de la Maison centrale de Coronthie (Mady Bangoura)

Bien chers compatriotes, en ce lundi 29 octobre 2018, nous entamons la quatrième semaine de l’ouverture des classes programmée au forceps par les autorités du pays. Mais sur le terrain, le constat révèle une toute autre image : pas de cours, notamment dans les concessions scolaires relevant du public. C’est inadmissible.

Puisqu’ils sont en train de commettre un génocide scientifique. Eh oui, génocide en ce sens qu’ils sabotent et sacrifient à leur guise l’avenir des enfants de pauvres citoyens alors que les leurs bénéficient de très bonnes formations dans les écoles les plus chèrement payées à travers le monde.

Autant il reste vrai que la formation, tout comme la santé et la paix n’ont pas de prix, autant il est important de les préserver. Car, très précieuses. Toute chose qui ne caractérise point la démarche du gouvernement en vue d’un dénouement de la crise qui affecte dangereusement le système éducatif guinéen depuis un certain temps.

Droit dans ses bottes, le gouvernement, par la voix du Premier ministre, Ibrahima Kassory Fofana, indique qu’il ne sera procédé à l’augmentation du salaire des enseignants ni cette année, ni l’année prochaine, encore moins en 2020.

Pour sa part, le Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (Slecg) qui était jusque-là flexible sur les 8 millions comme salaire, soutient que ce montant reste non-négociable désormais.

Mais à qui profite véritablement ce débat de sourds entretenu par les parties ?

Une chose est sûre, l’enseignant mérite un bon traitement salarial. Car, mon instituteur d’école primaire, après 40 années de service est mort en location (paix à son âme). Or,il n’est pas assez rare de voir un administrateur civil qui, engagé à la fonction en 2018, se trouve un véhicule l’année prochaine, se bâtit une luxueuse villa durant les 4 à 5 années qui suivront. Où amasse-t-il cet argent s’il ne triche pas, ne se fait pas corrompre ou ne pioche pas dans les caisses de l’Etat ?

Alors que le pauvre enseignant ne vit que de son salaire qui ne fait même pas 250 dollars. Au même moment, il doit faire face aux charges familiales (se nourrir lui et sa famille, se vêtir, se soigner, payer le loyer, l’eau, l’électricité et scolariser ses enfants).

En manque de solutions, le gouvernement a opté pour le recrutement des “gens-saignant” contractuels pour remplacer les titulaires. Une autre gaffe qui découle de l’amateurisme notoire dans la gestion des choses. Car, n’est pas enseignant qui le veut, mais qui le peut. Puisqu’on peut sortir major de sa promotion dans la plus grande université du monde sans être en mesure de tenir une classe de maternelle.

Cela nécessite une certaine pédagogie. Malheureusement en Guinée, beaucoup deviennent enseignants non pas par vocation, mais par nécessité. Dommage !

Dans un passé relativement récent, il a été annoncé la construction des logements sociaux. Chose qui a d’ailleurs commencé à Kipé, notamment Plaza Diamond et qui doit s’étendre jusqu’à Kobaya. Mais rendez-vous sur le site pour connaître le coût de la location de ces logements, qui est même fixé en devises.

Arrivé là, j’invite l’Unesco à se faire voix de cette malheureuse situation qui fragilise davantage le secteur éducatif.

Chers dirigeants, ouvrez les écoles au risque d’ouvrir grandes les portes de la Maison centrale de Coronthie déjà surpeuplée. Awatoun !

Par Mady Bangoura

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