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Pour la France, les Pays-Bas ne peuvent être au capital d’Air France-KLM et de KLM

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    Lancées en mars après l’entrée brutale de l’État néerlandais dans le capital d’Air France-KLM au niveau de la participation de l’État français (14%), les négociations entre la France et les Pays-Bas pour définir une nouvelle organisation du groupe qui fasse consensus n’avancent pas. Pour rappel, le groupe de travail présidé par Martin Vial devait initialement rendre ses conclusions fin juin.

    Lire aussi : Air France-KLM : la France et les Pays-Bas peinent à trouver des solutions

    Le poids de l’Etat néerlandais dépasse celui de l’Etat français

    De nombreux points de divergences ne sont toujours pas résolus, notamment le poids de l’État hollandais au sein du groupe, désormais plus important que celui de l’État français. En effet, jusqu’ici, l’État français était présent au capital d’Air France-KLM mais pas à celui d’Air France, alors que l’État néerlandais ne l’était pas au niveau d’Air France-KLM mais l’était au niveau de KLM. Avec deux fondations bataves, l’État néerlandais détient même la majorité du capital de KLM. Depuis son coup de force, l’État néerlandais est donc à la fois actionnaire du groupe et de sa filiale néerlandaise, alors que la France n’est actionnaire que d’Air France-KLM.

    « La discussion avec l’État néerlandais porte sur la clarification du positionnement de KLM dans le groupe. Nous, nous souhaitons une normalisation de la structure capitalistique », a expliqué ce vendredi à quelques journalistes Martin Vial, le commissaire aux participations de l’État, en rappelant que « l’État néerlandais est à la fois actionnaire d’Air France-KLM et de KLM », alors que l’État français n’est plus dans le capital d’Air France.

    Une situation qui pose problème selon lui :

    « Quand vous avez un actionnaire qui est à la fois en haut (actionnaire de la maison-mère, NDLR) et en bas (dans une filiale, NDLR), cela signifie que vous ne pouvez pas gérer votre filiale de façon totalement autonome puisque votre actionnaire dans la gouvernance du haut a son mot à dire sur le fonctionnement du bas. Cela fausse la gestion normale d’un groupe », a-t-il expliqué.

    L’Etat néerlandais doit choisir

    Pour lui, l’État néerlandais doit choisir : être au capital d’Air France-KLM ou à celui de KLM.

    « C’est évident, on ne peut pas être en haut et en bas. A partir du moment où le motif annoncé (par l’État néerlandais pour justifier son entrée dans le capital d’Air France-KLM, NDLR) est de dire qu’on veut avoir notre mot à dire sur la politique du groupe et à travers cela sur la défense des intérêts néerlandais, si l’on est en haut, cela ne sert plus à rien d’être en bas. Les actionnaires d’Air France-KLM ne sont pas dans les filiales du groupe», a-t-il précisé.

    En acceptant Ben Smith, « la France a pris un tournant très important »

    Martin Vial estime que le gouvernement français a pris de son côté « un tournant très important en matière de gouvernance », en acceptant la nomination d’un directeur général un non français, en l’occurrence le canadien Ben Smith.

    « C’est la première fois que cela arrivait. Cela entrait dans cette idée qu’Air France-KLM est un groupe international, avec maintenant deux actionnaires non-européens, Delta Air Lines et China Eastern. L’État néerlandais doit se comporter vis-à-vis d’Air France-KLM comme vis-à-vis d’une entreprise cotée normale ».

    Et d’enfoncer le clou :

    « Dans un groupe international, une filiale ne peut imposer une forme de représentation dans le conseil d’administration de la maison-mère », a-t-il lâché.

    Dans tous les cas, un processus de désengagement commun des deux États du capital d’Air France-KLM n’est « pas du tout à l’ordre du jour », a indiqué Martin Vial en faisant remarquer que Delta et China Eastern, actionnaires à hauteur de 9% environ chacun dans Air France-KLM vont avoir des droits de votes doubles.



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