A LA UNELa Plume à Jacques

Pourquoi serait-il difficile de travailler pour une première fois sur une constitution véritablement guinéenne ?

Le Conseil National de la Transition est désormais installé. Le travail à lui confier devrait pouvoir démarrer cette semaine. Le chronogramme détaillé de la transition, qui devra par la suite indiquer clairement la durée. Les attentes sont nombreuses et il n’échappera à rien. Les critiques, pressions de tous ordres voire le rejet. Les guinéens engagés politiquement ne veulent plus attendre. Ils veulent que tout aille vite, parce qu’ils espèrent accéder au pouvoir, au terme de cette période. Ils n’attendent donc pas du CNT, la rédaction de nouveaux textes, mais la relecture de ceux qui existent déjà, en vue de leur adaptation à l’heure.

 

Les conseillers sont 81, mais suffisants pour prendre en compte les aspirations des groupes sociopolitiques. A condition bien sûr, qu’ils s’arrangent à écouter tout le monde. A condition qu’ils aillent au-delà des politiques et de leurs militants et sympathisants. Ceux qui agissent en dehors des formations politiques, ont aussi des avis et rien ne justifierait le choix de les mettre de côté, au seul motif que la transition, serait éminemment politique, comme cela se dit actuellement. La transition est politique certes, mais sociale et économique aussi. La transition, porte sur tous les secteurs, si nous voulons changer de vision et de méthode. 

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Le retard peut être évité. Donc, un voyage à l’intérieur du pays pour voir les souffrances de nos concitoyens est inutile. C’est hypocrite de penser que nous vivons déjà mieux à Conakry ici. Il faut conclure que c’est peut-être pire à l’intérieur du pays, sinon la galère de Coronthie, Téminetaye, Tombo, Bonfi, Dabondy entre autres, n’est pas moins que celle d’un village de Yomou ou de Tougué. Pour éviter ce type de voyage, juste pour observer, nous avions suggérer qu’un bon nombre de conseillers soient désignés dans certaines sous-préfectures, nous n’avons pas été entendus. Avec ces intellos, choisis dans la masse de ceux qui voulaient se mettre sous les projecteurs, il faut faire avec et insister qu’ils soient au service de tous.

 

Pour les textes, nos avis comptent. Ceux qui disent que nous n’avons qu’à choisir une de nos constitutions abrogées ou suspendues pour en faire la prochaine loi fondamentale, n’ont pas tiré de leçons. Le drame, ce que parmi eux, il existe des conseillers de la transition. Comme s’ils comprenaient mieux que nous. Pourquoi devrions nous hésiter à travailler sur des textes qui seraient différents de ceux qui gouvernent l’Afrique francophone ? Pourquoi serait-il difficile de travailler pour une première fois sur une constitution véritablement guinéenne ? Il nous faut un peu de courage, pour échapper au piège des lobbyistes qui veulent nous maintenir dans la précarité.

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Pour chaque élément important de notre constitution, comme la forme de l’Etat, le régime politique, les responsabilités des institutions, les guinéens doivent se définir leur propre chemin. Il faut mettre sur la table toutes les formes de l’Etat qui existent, présenter les forces et les faiblesses, les guinéens feront leur choix. Il faut mettre sur la table les régimes politiques : présidentiels, semi-présidentiels, parlementaires, monarchiques et indiquer pour chaque régime, les forces et faiblesses, les guinéens feront leurs choix. Le discours simpliste qui voudrait qu’on reprenne ce qui a existé pour l’imposer et l’opposer aux guinéens, est une des erreurs du passé, à ne pas commettre.

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