Politique

Tout président africain qui organise des législatives, cherche à s’assurer non d’une assemblée nationale mais de sa propre chambre d’enregistrement.

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Tierno Monénembo
Tierno Monénembo

Ce cuir sorti de la bouche de Dadis Camara dit mieux ce qui s’est passé ici en 2009-2010 que le mot correctement écrit. Quand la réalité se soûle, c’est l’orthographe qui trinque. Les Forces vives de l’époque et l’opposition qui lui a succédé ont accumulé une série de maladresses et de couacs qui est à l’origine de tous les maux que nous connaissons aujourd’hui.

Pour moi, la faute la plus énorme fut commise avant même le début de la transition. J’avais proposé en vain que Rabiatou ou Fofana prenne la primature puisqu’ils étaient les seuls à l’époque à incarner la légitimité populaire. Lansana Conté n’aurait rien pu faire contre eux alors qu’avec un simple technocrate, le jeu était vite fait pour le vieux sioux qu’était le Général. Ensuite, nos porte-parole acceptèrent comme négociateur, Blaise Compaoré. Un président en exercice pour négocier dans une crise interne ! Du jamais vu ! Ordinairement, ce rôle revient à un ex-chef d’Etat ou à un diplomate à la retraite. Alpha Oumar Konaré, John Kufuor ou Koffi Annan aurait parfaitement fait l’affaire. D’autant que Compaoré est un vieil acolyte de Alpha Condé !

Venons-en maintenant à la transition proprement dite. Comment, mon dieu, peut-on nommer premier ministre de transition, un chef de parti politique, Jean-Marie Doré, en l’occurrence, un autre acolyte de notre président actuel ? Ordinairement, ce poste revient à un technocrate sans charisme pour ne pas faire de l’ombre aux présidentiables. Un premier ministre de transition qui se permettra d’ailleurs de signer des contrats miniers en violation flagrante de la loi sans jamais hérisser les poils du Conseil National de Transition.

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Par-dessus tout, il y a cette inexcusable imprudence d’avoir fait précéder les présidentielles aux législatives dans un continent où la politique a toujours porté des relents de banditisme. « On n’organise pas une élection pour la perdre », disait un de ces nombreux Bongo qui se désaltèrent du pétrole gabonais. Tout président africain qui organise des législatives, cherche à s’assurer non d’une assemblée nationale mais de sa propre chambre d’enregistrement. Et c’est exactement ce qu’a fait Alpha Condé qui est un as en la matière.

Et puis, il y a eu cet étrange second tour qui a failli ne jamais finir. Un second tour où la magouille était si manifeste, que l’on pouvait la toucher du doigt. Malgré tout, jamais l’UFDG n’a songé retirer son candidat, ce qui aurait fait capoter ce complot international visant à faire main basse sur les mines guinéennes.

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