
Propagande ou provocation ? Les affiches de Doumbouya enflamment Conakry
Conakry a encore été le théâtre d’accrochages ce week-end, et cette fois, ce sont les affiches du général-président Mamadi Doumbouya qui ont mis le feu aux poudres. Sur la route Le Prince, des tensions ont éclaté autour des photos du chef de la junte, placardées dans des endroits stratégiques de la capitale.
Le scénario est aussi prévisible qu’irritant : le régime tente d’imposer son image partout, pendant que la population, excédée, voit dans ces affiches une provocation de trop.
Une propagande de plus en plus agressive
Depuis plusieurs mois, le visage de Doumbouya s’affiche de manière omniprésente à Conakry :
- Sur les panneaux publicitaires, dans les administrations, sur les marchés.
- Dans des lieux où la population conteste ouvertement la transition.
- Jusque dans des mosquées, comme on l’a récemment vu avec l’image du président aux côtés du roi du Maroc.
Le message est clair : imposer Doumbouya dans le paysage, marteler son image, et préparer les esprits à une transition qui risque de s’éterniser… ou à une candidature déguisée.
Pourquoi ça coince ?
Les tensions autour de ces affiches montrent que la population n’est pas dupe.
- Les Guinéens veulent des actes, pas des images.
- Ils attendent des élections, pas du marketing politique.
- Ils réclament du pain et de la justice, pas du culte de la personnalité.
L’imposition de ces affiches rappelle les méthodes des anciens régimes, où les dirigeants tentaient de s’ancrer dans l’inconscient collectif par la répétition visuelle, comme si cela suffisait à légitimer leur pouvoir.
Un malaise grandissant
Ce qui s’est passé sur la route Le Prince n’est pas anodin :
- Les affiches sont perçues comme une provocation, notamment dans les quartiers historiquement contestataires.
- Les réactions de rejet montrent que l’image de Doumbouya n’a rien d’unanimement acceptée.
- Les violences qui en découlent sont symptomatiques d’une population sous pression, fatiguée d’une transition sans fin.
Vers une résistance populaire ?
Le CNRD a beau vouloir imposer Doumbouya comme le « sauveur » du pays, les Guinéens ne se laissent pas berner. Si les affiches deviennent une source de tensions, c’est que le rejet du régime est en train de se transformer en contestation plus active.
Le message est simple : on ne gouverne pas un pays avec des posters. On le dirige avec des actes, de la transparence et du respect pour le peuple.
Mais visiblement, le pouvoir préfère miser sur la communication… quitte à provoquer l’explosion.
— conakrylemag





