A LA UNELibre opinion

Quand on entend dire que la junte militaire doit préserver l’intégrité physique de l’ancien président, on ne peut pas ne pas se poser des questions.

Quand on entend dire que la junte militaire doit préserver l’intégrité physique de l’ancien président, on ne peut pas ne pas se poser des questions.

Peut-on imaginer un seul instant que la junte militaire puisse porter atteinte à son intégrité physique ? Le membres du CNRD pourrait-il prendre ce risque sans perdre du crédit ? Des millions de Guinéens ont accueilli favorablement la chute du Président Alpha Condé et la prise du pouvoir par des militaires.

Mais très peu accepteraient qu’il soit traité d’une manière qui ne tiendrait pas compte de son statut d’ancien président, de son âge avancé ou simplement du fait que c’est un être humain.

Les images du Colonel Diara Traoré, en petite tenue en juillet 1985, choque encore certains. Il est vrai que des dirigeants guinéens ont souvent manqué d’humanisme vis-à-vis de leurs citoyens.

De nombreux Guinéens ont souffert de la violence d’État ce, depuis 1958. Mais les citoyens guinéens quant à eux restent encore imprégnés d’humanisme et de respect de la dignité humaine.

La junte militaire le sait où devrait le savoir. Elle ne prendrait donc pas le risque d’infliger à l’ancien président un traitement qui ne tienne pas compte du respect de sa dignité et son intégrité physique.

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Ce serait prendre en même temps le risque de dilapider le capital de confiance dont elle jouit au sein des populations depuis le 5 septembre.

Alpha Condé et ses soutiens n’ont pas brillé par leur empathie vis-à-vis surtout de ceux qu’ils considéraient comme leurs adversaires. Mais est-ce une raison pour le traiter de façon inhumaine?

 

Encore une fois, la junte est bien consciente du fait qu’elle est observée de par le monde en particulier sur la question des droits des anciens dirigeants. C’est pourquoi, lors d’une de ses toutes premières interventions, le chef de la junte s’est empressé de dire que l’ancien président se trouvait en lieu sûr, qu’il se portait bien et qu’il avait même été examiné par un médecin. Si les anciens dirigeants devaient faire l’objet d’un procès, celui-ci devrait être juste et équitable. Aucune mesure extrajudiciaire ne devrait être prise contre eux. Ils ont manqué de compassion pour de nombreuses familles guinéennes. Mais les nouvelles autorités devront leur montrer comment on traite un citoyen dans un État. Ce serait une autre leçon pour eux.

 

Il est donc inopportun d’insister outre mesure sur le respect de l’intégrité physique de l’ancien président. C’est chose faite.

 

Aujourd’hui, la priorité est de définir les modalités de la transition en définissant la durée et en mettant en place les organes de la transition. Si la CEDEAO veut se racheter aux yeux des citoyens guinéens et ouest-africains, elle voit plutôt aider à l’encadrement et à l’encadrement de la transition qui s’ouvre afin qu’elle inclusive et apaisée.

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