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VOTRE NOTE

Le président Alpha Condé n’attend pas que la Cour constitutionnelle proclame les résultats définitifs de la présidentielle du 11 octobre 2015 pour entreprendre des démarches en vue de la formation du prochain gouvernement.

Il sait, et tout le monde avec lui, que la Cour constitutionnelle ne changera rien de fondamental aux résultats provisoires proclamés par la Commission électorale nationale indépendante.

Pour ses détracteurs, le bilan de son quinquennat étant globalement négatif, il n’avait de choix que d’organiser « un hold-up électoral » pour se succéder à lui-même. Cela se serait matérialisé par le fameux «  un coup K.O » dont l’une des facettes grotesques est de voir la candidate Marie Madeleine Valéry Dioubaté récolter zéro voix dans le bureau de vote où elle a voté.

C’est donc conscient de l’échec de cinq ans de règne qu’Alpha décide de trouver une stratégie qui lui permette de relever la tête au bout des cinq années à venir, histoire de sauver la face avant de se retirer de la scène politique.

Il faut ajouter qu’il a bénéficié par ailleurs de la « baraka » de certaines puissances étrangères à travers leurs représentations diplomatiques accréditées à Conakry.

Dans cette lancée Alpha Condé dira à ses militants lors de la dernière assemblée générale au siège du parti qu’il va rompre avec le passé en n’appelant à ses côtés dans le gouvernement que des hommes et des femmes choisis sur le seul critère de la compétence.

Autrement dit les gouvernements de récompense n’auront plus droit de cité. Mais à la surprise de tous, il commence ses consultations par l’un des ténors de l’opposition, en l’occurrence le président de l’Union de forces républicaines Sidya Touré.

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Si tout le monde reconnaît à cet homme d’Etat sa longue expérience et sa compétence avérée dans la conduite des affaires publiques, bien des observateurs se demandent, au cas où il ferait de celui-ci son Premier ministre, comment Alpha et Sidya pourraient-ils travailler ensemble ?

En effet, tout les oppose, notamment la vision politique et les méthodes de travail : l’un est socialiste, l’autre libéral, l’un est accusé à tort ou à raison par son opposition d’être « l’homme du laisser-aller et de la roublardise », l’autre considéré par certains observateurs comme étant « un homme de la rigueur dans la gestion ».

Alpha va-t-il réellement faire peau neuve à la tête de l’Etat ? On peut raisonnablement en douter quand on sait que l’homme s’est suffisamment illustré dans l’art de rouler dans la farine ses meilleurs alliés, le leader du Parti de l’espoir pour le développement national Lansana Kouyaté ne dira pas le contraire.

Son gouvernement est en outre mêlé, de près ou de loin, à beaucoup de scandales financiers qui sont restés sans suite. Alors attendons de voir comment Alpha va-t-il sauver la face.

In L’Indépendant

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