S’il n’y a pas d’eau, et de courant, ça c’est votre problème dixit le président Alpha Condé

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    Alpha Conde à Kamsar
    Alpha Conde à Kamsar
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    « Étant opposant à l’époque, l’ambassadeur de la France est venu me voir pour me dire qu’il n’arrive pas à comprendre ce pays (la Guinée), il y a une entreprise qui est prête à donner 200 millions de dollars pour l’usine et vous êtes en train de vendre l’usine à 21 millions de dollars. Comment peut-on avoir une proposition de 200.000 millions de dollars et vendre l’usine à 21 million de dollars, il faut se poser des questions : qui a fait ça et pourquoi ? »

     

    La tribune de terrain Konkon Sylla a servi de carde de la réception au président Alpha Condé dans la préfecture de Fria située à 160 kilomètres de la capitale guinéenne.

     

    Sous la pluie et devant une population assoiffée de question par rapport au retard du redémarrage de l’usine Rusal, à la non desserte en courant électrique comme annoncée après le lancement de la 2èmeturbine du barrage de Kaléta et surtout de l’absence du chef de l’État auprès des Friakas durant ces 3 années entachées par la détérioration de leurs conditions de vie, Alpha Condé a introduit son allocution en affirmant : « Les sages de Fria, les femmes et les jeunes, Fria a souffert pour dire la vérité.

    La population de Fria ne devrait pas souffrir car la 1ère usine fût construite à Fria depuis les temps colons. Dieu aime la Guinée mais les guinéens ne s’aiment pas entre eux » avant de poursuivre par une série d’interrogations renvoyant la responsabilité aux anciens dignitaires des régimes précédents.

     

    « J’avais dit à l’époque que la responsabilité incombe au feu président Lansana Conté, que Dieu ait pitié de son âme mais un jour Chantal Cole m’a dit : le président Lansana Conté a pleuré lorsqu’il a appris la vente de l’usine de Fria et il a maudit la personne donc si la misère frappe Fria, elle provient d’où ?

    Ce sont nos cadres qui ne veulent pas que ce pays aille de l’avant, ceux qui s’en foutent et qui préfèrent gagner 100 millions et que la Guinée perde 1 milliard », a souligné Alpha Condé lors de son entretien avec les Friakas présents au stade ou en écoutant l’unique radio la voix de Fria ;

    le 1er point de son intervention était un trait d’union entre les circonstances de la vente de l’usine de Fria et la mauvaise gestion du patrimoine guinéen par les cadres à l’époque.

     

    Ensuite, le chef de l’État a prodigué de sages conseils aux responsables des centrales syndicales : « vous avez donné le bâton aux Russes pour vous frapper » avant de préciser aux  Friakas : « ce sont eux (les syndicalistes) qui vous ont fait plonger dans ce gouffre».

     

    Puis le président a fait comprendre que le processus de signature du contrat de vente de l’usine explique la souffrance que Fria enregistre depuis 3 avant et l’incompétence des cadres gestionnaires guinéens avant son arrivée :

    « que ça soit la CBK (compagnie des bauxites de Kindia) ou ici, tout intellectuel ne signera pas de tels contrats car nous en souffrons. Ils disent qu’ils sont propriétaires de toutes les infrastructures (chemins de fer, installation de l’usine, etc.) construites par la Guinée ».

     

    En outre, Alpha Condé a invité les populations guinéennes et celles de Fria à œuvrer dans d’autres projets de développement pour être autonome des sociétés d’exploitation en affirmant :

    « il y a un piège que nous devons éviter désormais, il ne faut pas qu’une préfecture dépende d’une usine » avant de faire remarquer ses efforts pour la reprise des activités industrielles de l’usine Rusal de Fria en avançant :

    « je suis en négociation avec Rusal, ils proposent deux options à savoir la rénovation des installations de l’usine ou le changement de toutes les machines de l’usine ».

     

    Alpha Condé n’a pas manqué d’insister sur la mauvaise gouvernance des cadres guinéens qui géraient le pouvoir avant sa victoire aux élections de 2010 auxquels il a rejetés toute la responsabilité du triste sort des Friakas en ces termes :

    « ceux qui ont permis à Rusal de nous frapper, c’est à eux que revienne la faute ».

    Par ailleurs, il a avancé ses ambitions minières pour Fria :

    « battons-nous pour construire une autre usine à Fria…pour ne plus dépendre de Rusal car elle ne peut pas employer tout le monde ».

    Et d’ajouter :

    « A mon arrivée au pouvoir, je vous avais dit en français que j’ai hérité d’un pays et non d’un État. Nous devons beaucoup aux Blancs et lorsque tu t’endettes de trop, tu finis par être esclave car tu ne pourras même pas porter ton habit neuf sans avoir payé ta dette. »

     

    Sous le slogan scandé en malinké par l’auditoire ‟aya si, Alpha ya si pra” qui veut dire littéralement : il sera au pouvoir, Alpha sera au pouvoir net, le chef de l’État a aussi souligné que le mal qui ronge la Guinée a l’ethnocentrisme pour cause puis il a rappelé l’histoire de l’indépendance de 1958 en précisant :

    « En 1958, trois pays ont voulu leur indépendance : le Sénégal, le Niger et la Guinée mais qui a pu c’est la Guinée car nos parents se sont entendus dans la fraternité et dans un seul corps en disant que nous sommes tous Guinéens. Si nous ne combattons pas l’ethnocentrisme, la Guinée aura du mal à aller de l’avant. »

     

    « Il y a trop de mensonges en Guinée et c’est ce qui nous fait souffrir », a crié haut et fort le président Alpha Condé sur un ton d’humour comme à son habitude avant d’expliquer qu’il n’a nullement voulu accuser ou brimer une personne à tort malgré que d’autres voulaient qu’ils le fassent et qu’il a toujours privilégié le dialogue avec les personnes concernées pour trier les honnêtes des malhonnêtes. Il a affirmé :

    « le Guinéen éloigne de toi la personne qui veut t’aider et si tu les écoutes, tu l’écartes aussi ensuite le Guinéen aime s’approprier des bons œuvres et des actes citoyens des autres parce qu’il y a trop de mensonges dans ce pays ».

     

    La tournée du président Alpha Condé dans la région de Boké a une connotation de précampagne malgré qu’il laisse voir une prise de contact avec le peuple à la base pour mieux s’enquérir des souffrances quotidiennes de ce dernier, estiment les observateurs.


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