Simandou : Le RPG dénonce le vol de paternité du projet par le CNRD
La bataille pour l’héritage politique et économique du projet Simandou bat son plein en Guinée ! Le RPG Arc-en-ciel, ancien parti au pouvoir, accuse le CNRD de s’approprier un travail auquel il n’a jamais contribué.
« Il faut cesser de s’approprier un travail pour lequel on n’a pas mouillé le maillot », lance le RPG, dénonçant une tentative du régime militaire de s’attribuer les mérites du développement de Simandou.
Le projet minier de Simandou, considéré comme l’un des plus grands gisements de fer inexploités au monde, a toujours été un enjeu majeur pour l’économie guinéenne. Mais aujourd’hui, il est devenu un outil de propagande politique, chacun cherchant à s’en attribuer le mérite.
Le CNRD tente-t-il de réécrire l’histoire ?
Depuis son arrivée au pouvoir, le CNRD a multiplié les annonces grandioses sur Simandou, prétendant avoir débloqué la situation et négocié de meilleures conditions pour la Guinée.
Mais selon le RPG :
- Le projet Simandou a été structuré et consolidé sous Alpha Condé, bien avant le coup d’État du 5 septembre 2021.
- Les négociations avec les partenaires étrangers, notamment Rio Tinto et Winning Consortium, ont été menées sous l’ancien régime.
- Les bases du développement de Simandou étaient déjà posées avant l’arrivée de la junte, qui ne ferait que récolter les fruits d’un travail déjà accompli.
En clair, le CNRD surfe sur des acquis qu’il n’a pas créés et tente de faire croire qu’il est à l’origine de progrès dont la genèse remonte bien avant son putsch.
Une récupération politique flagrante
Ce n’est pas la première fois que le CNRD tente de s’approprier des projets hérités des régimes précédents.
- Les infrastructures lancées sous Alpha Condé sont souvent inaugurées par la junte comme si elles étaient le fruit de leur gouvernance.
- Des accords économiques négociés par l’ancien régime sont brandis comme des victoires du CNRD.
- Le gouvernement militaire joue sur l’ignorance populaire pour se bâtir une légitimité artificielle.
Simandou ne fait pas exception : Doumbouya et son clan veulent faire croire qu’ils ont « sauvé » un projet qui était déjà sur les rails bien avant leur arrivée.
Mais la réalité est plus complexe : si la transition actuelle profite des retombées des accords passés, cela ne signifie pas qu’elle en est l’initiatrice.
Le RPG, crédible pour donner des leçons ?
Si le RPG a raison de dénoncer cette récupération, il ne faut pas oublier que ce parti a lui-même une part de responsabilité dans la mauvaise gestion des ressources minières.
- Les gouvernements d’Alpha Condé ont été accusés de favoriser des contrats opaques avec les multinationales minières.
- Les richesses extraites n’ont pas suffisamment bénéficié à la population guinéenne.
- Des scandales de corruption ont éclaté autour de certains contrats miniers.
Autrement dit, la critique du RPG est pertinente, mais l’ancien parti au pouvoir n’est pas exempt de reproches.
Simandou : une richesse qui échappe toujours aux Guinéens
Pendant que le RPG et le CNRD se disputent la paternité du projet Simandou, une réalité demeure :
- Les Guinéens ne voient toujours pas les bénéfices concrets de cette immense richesse minière.
- Les multinationales continuent de dicter leurs conditions au pays.
- Les infrastructures locales restent sous-développées, malgré les milliards générés par le secteur minier.
Que ce soit Alpha Condé ou Doumbouya, le problème reste le même : les dirigeants utilisent Simandou comme un outil de communication politique au lieu d’en faire une véritable source de développement pour la population.
Pendant que les élites se battent, le peuple attend toujours…
Le débat sur qui doit revendiquer Simandou est en réalité une distraction inutile. Ce que les Guinéens attendent, ce ne sont pas des querelles d’égo entre politiciens, mais des résultats concrets : emplois, infrastructures, amélioration du niveau de vie.
Que ce soit le RPG, le CNRD ou n’importe quel futur gouvernement, la vraie question est simple : quand la Guinée profitera-t-elle enfin pleinement de ses richesses minières ?
Car tant que le pays reste un simple terrain d’exploitation pour les géants du fer et les élites locales, Simandou restera une promesse non tenue… au profit des mêmes cercles de privilégiés.
— conakrylemag




