Synode sur la famille: ce qu'en attendent les évêques africains
Synode sur la famille- ce qu'en attendent les évêques africains
Synode sur la famille- ce qu'en attendent les évêques africains

Synode sur la famille: ce qu’en attendent les évêques africains

A partir de ce dimanche et jusqu’au 25 octobre, le Vatican accueille une assemblée des évêques qui porte sur la famille.

Quelque 360 participants devront faire des propositions au pape concernant la doctrine de l’Eglise sur ce thème.

Le pape choisira ensuite ou pas d’adopter les recommandations du synode. La famille est un thème hautement polémique car l’Eglise est traditionnellement réticente à adapter son discours aux évolutions de la société. Et les évêques africains font partie du bloc conservateur.

Cinquante et un évêques africains sont présents à Rome à partir de ce dimanche pour le synode sur la famille. Pour cette réunion d’ecclésiastiques, ces prélats arrivent avec un document de la conférence épiscopale d’Afrique et de Madagascar. Un texte qui regroupe toutes leurs réflexions autour de la famille africaine.

Leurs principales attentes concernent notamment la reconnaissance du mariage par étape, c’est-à-dire un mariage coutumier suivie d’un mariage civil et enfin religieux. Autre préoccupation, la polygamie qui devrait bénéficier selon eux de plus de tolérance de la part de l’Eglise. Les évêques africains estiment qu’il ne faut pas exclure les polygames, mais plutôt les intégrer à la communauté sans leur offrir les sacrements.

Concernant la situation des divorcés, des catholiques remariés, les évêques estiment que c’est essentiellement une problématique de la société occidentale. Même chose pour les homosexuels catholiques. Ce n’est pas une préoccupation majeure du point de vue des évêques puisque la situation serait quasiment anecdotique selon le rapport de la conférence épiscopale d’Afrique et de Madagascar.

Si depuis le début de son pontificat, le pape François a laissé entendre à de nombreuses reprises que l’Eglise devait répondre aux évolutions du temps présent sans pour autant s’y conformer, les évêques africains ont plutôt l’intention de s’accrocher au modèle de famille qu’ils qualifient d’« authentique » et de « multiséculaire ».


■ Au Nigeria, la famille évolue petit à petit

RFI profite de ce synode pour dresser un état des lieux de la famille en Afrique dans les pays catholiques, mais pas seulement. Le Nigeria est la première population d’Afrique avec près de 180 millions d’habitants, dont 50 % de musulmans, 40 % de chrétiens et 10 % de religions locales.

A Lagos, Bola vit officiellement en colocation avec son amie dans une cité résidentielle chic. Officieusement, les deux femmes sont en ménage. De son côté, Ahmed, lui, se prépare à demander la main de sa fiancée. Locataire dans le quartier populaire d’Ojota, il compte sur l’aide de sa famille nucléaire.

Civil, religieux ou traditionnel, le mariage hétérosexuel est la norme au Nigeria. Afficher son homosexualité est passible de dix ans de prison depuis une loi fédérale de 2014.

Dans le schéma classique, les femmes se marient en moyenne à 21,6 ans, contre 28,5 ans pour les hommes. Depuis l’accès à l’école pour tous, les mariages forcés ont décliné. En moins d’une génération et dans tout le pays, les femmes sont impliquées dans des unions consenties. Et les familles polygames sont en très net recul.

Dans une société nigériane patriarcale et malgré le poids des religions monothéistes, divorces et séparations sont entrés dans les murs, figeant le mariage homme-femme dans un contrat social davantage que dans une union d’amour.

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