Toumba, le tueur et l’homme témoin

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Arrêté et interné au pénitencier de Rebeuss, Aboubacar Sidiki Diakité dit Toumba, ancien aide de camp du capitaine-patriote Dadis Camara (au pouvoir de décembre 2008 à janvier 2009) attend d’être livré à Conakry. C’est une réalité. Comme le capitaine-patriote Dadis, il fait partie des principaux présumés auteurs du massacre du 28 septembre 2009, mais pas seulement.

Il était recherché depuis la commission de l’acte du 3 décembre 2009 au camp Koundara redevenu camp Joseph Makambo Loua (du nom de l’autre aide de camp assassiné au même endroit pendant qu’il tentait de sauver Dadis). D’où la question : Quelle sécurité pour Toumba l’accusé de crime contre l’humanité, et le soldat Diakité qui a avoué tenter d’assassiner l’homme du 23 décembre 2008?

En plus, le désormais célèbre prisonnier guinéen de Rebeuss au Sénégal a rajouté à sa situa- tion, déjà très délicate de prévenu de justice, des déclarations par voie de presse mettant gravement en cause la vertu, le courage et le talent de l’opposant historique Alpha Condé dans la supposée rançon de 9 milliards de FG ayant servi à l’exécution du projet d’assassinat du capitaine patriote Dadis.

Tout cela réuni laisse présager que le wanted (fugitif) avait bénéficié de complicités pour se glisser à travers Conakry où il était recherché mort ou vif, et trouver bonne cachette en Casamence dans la région sud du Sénégal, avant de s’établir quelques années après sous fausse identité à Ouakam dans la capitale Dakar.

Les services de renseigne- ments sénégalais qui le tenaient à l’oeil ont rempli leur devoir historique, celui de le conduire sain et sauf au cachot, sans égratignure aucune. Reste maintenant à savoir si les autorités du Sénégal, de la Guinée, ainsi que les grands décideurs de ce monde vont daigner lui accorder la protection vitale (qui doit être la sienne) afin de laisser librement la justice guinéenne suivre son dossier sans trembler et sans prendre peur voire sans avoir à gérer des interférences extérieures qui font que malgré tous les efforts d’indépendance con- sentis depuis quelques décennies une majorité de guinéens doute encore de sa probité à tenir un procès juste et équitable sur ces deux dossiers hautement sensibles dans lesquels le prévenu Aboubacar Toumba Diakité n’est pas à prendre pour un assoiffé de sang devenu le tristement célèbre meneur d’une bande d’assassins et de violeurs en masse. Non plus pour un judas qui s’est recyclé en impitoyable chasseur de primes dans la forteresse de l’excamp Koundara (la caserne de la garde présidentielle), mais à la fois com- me acteur et témoin privilégié dont la contribution pourrait aider à la manifestation de la vérité.

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Pour les 157 morts du stade, les portés-disparus, les violées, les mutilés à vie, les victimes collatérales, et pour l’histoire, il faut sauver Toumba d’un règle- ment de compte extrajudicaire pouvant de conduire de vie à trépas.

Par Diallo Alpha Abdoulaye

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