
Dialogue politique : l’Union sacrée des Forces Vives piégée dans la mise en scène du CNRD ?
La transition guinéenne continue de multiplier les rencontres et les discours sur le dialogue, mais sans jamais donner de garanties concrètes sur un retour à l’ordre constitutionnel. Jeudi 6 mars 2025, le Premier ministre Amadou Oury Bah a reçu une délégation de l’Union sacrée des Forces Vives au Palais de la Colombe, une rencontre censée marquer une avancée vers une « refondation inclusive ».
Mais derrière ces échanges en apparence constructifs, une question s’impose : ce dialogue est-il sincère ou s’agit-il d’un écran de fumée destiné à masquer l’absence de volonté réelle de la junte de céder le pouvoir ?
Un dialogue ou un monologue ?
Le coordinateur de l’Union sacrée des Forces Vives s’est dit « satisfait » et « favorable à la poursuite du cadre de dialogue ». Mais quelle est la finalité de ces discussions ?
Depuis l’arrivée du CNRD au pouvoir, combien de dialogues ont été ouverts ? Combien ont abouti à des résultats concrets ?
- Les partis d’opposition continuent d’être marginalisés.
- Les leaders politiques exilés ou emprisonnés ne sont toujours pas réhabilités.
- Le processus électoral reste flou et sans calendrier précis.
Alors de quoi parle-t-on exactement dans ces réunions feutrées au Palais de la Colombe ? D’une refondation ou d’un jeu de dupes où le régime tente de légitimer sa prolongation au pouvoir sous prétexte de concertation nationale ?
Une stratégie bien rodée : neutraliser l’opposition par le dialogue
Chaque régime en Guinée a utilisé la même méthode : lancer un dialogue national pour contenir la contestation, tout en maintenant son agenda politique intact.
- Sous Alpha Condé, des dialogues à répétition ont servi à diviser l’opposition sans jamais freiner ses dérives autoritaires.
- Sous la transition actuelle, Bah Oury joue exactement le même rôle : calmer les tensions sans offrir de réelles avancées démocratiques.
En appelant à « travailler ensemble dans un esprit de responsabilité », le Premier ministre ne fait que gagner du temps pour le CNRD, en affaiblissant l’opposition par des discussions sans engagements concrets.
Le piège du compromis sans garanties
L’Union sacrée des Forces Vives doit se poser les bonnes questions :
- Quel est le véritable objectif du dialogue ?
- Le CNRD est-il prêt à respecter un chronogramme électoral contraignant ?
- Les libertés politiques et la compétition électorale seront-elles garanties ?
Si ces garanties ne sont pas obtenues, alors ce dialogue ne sera qu’un instrument pour légitimer une transition sans fin.
L’histoire l’a montré : un pouvoir qui veut réellement partir organise des élections, pas des discussions interminables. Et pour l’instant, le CNRD parle beaucoup… mais n’agit pas.
— conakrylemag




