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100 jours après l’incendie du dépôt de carburant, l’état nous snobe toujours .

100 jours après l’incendie du dépôt de carburant, l’état nous snobe toujours .
Des jours se sont écoulés depuis que le principal dépôt d’hydrocarbures a pris feu un dimanche soir aux environs de 23h50, causant des pertes en vies humaines et d’importants dégâts matériels. Des centaines de maisons ont été touchées.
J’ai même été le premier à annoncer sur Facebook que le dépôt d’hydrocarbures avait pris feu.
Jusqu’à présent, l’état guinéen n’a pas réussi à déterminer la responsabilité ni la cause de cet incendie. Pourtant, certains cadres de Total, actionnaire majoritaire du dépôt, ont expliqué qu’il était pratiquement impossible que l’incendie se soit déclaré à l’intérieur du pays, car les installations sont conçues pour empêcher la propagation du feu, et leur système de sécurité est testé régulièrement. Ils ont toujours réussi à maîtriser certains cas d’incendie.
De plus, plusieurs résidents de Kaloum affirment avoir vu un projectile en feu se diriger vers le dépôt, voire même avoir vu un drone ou un petit avion dans les airs de Kaloum. Mais , ces allégations ont été systématiquement démenties par l’ancien ministre de la justice, sans attendre le rapport final de l’enquête, et sans apporter la moindre preuve du contraire . Parmi ceux qui ont témoigné avoir vu ce projectile en feu figure un ancien colonel à la retraite.
Du côté du gouvernement, une enquête a été ouverte mais, trois mois après l’incident, aucune conférence de presse n’a été organisée pour informer la population sur cette tragédie. Aucune responsabilité n’a été attribuée, aucune arrestation n’a été effectuée, alors même que cette catastrophe est l’une des pires que la Guinée ait connues, et qu’elle menace l’économie du pays. Pourquoi l’état ne communique-t-il pas sur cette tragédie ? Est-ce que l’état est en faute ? À qui profite cette tragédie ?
L’État guinéen doit nous prendre au sérieux et reconnaître que le pouvoir réside dans le peuple. Ils nous doivent des comptes, surtout lorsque nos compatriotes meurent de manière tragique. Le silence ne doit pas régner sur cette tragédie ; l’État doit fournir une explication crédible sur cet événement, à la fois pour l’histoire et pour les citoyens.
Par souci de sécurité nationale, souvent invoquée pour restreindre la liberté de la presse en Guinée, nous gardons ce que nous savons sur cette tragédie. Mais tôt ou tard, la vérité éclatera et la justice prévaudra.
Abdoul Latif Diallo
Journaliste d’investigation
Très très indépendant .
Suspendu pour 9 mois
PAR CONAKRYLEMAG.COM
— conakrylemag
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