
Abdoul Sacko se remet peu à peu… mais où est la justice ?
Abdoul Sacko, kidnappé, torturé et abandonné dans un état critique, commence à aller « de mieux en mieux », selon son avocat Me Samory Traoré. Une bonne nouvelle sur le plan humain, certes. Mais sur le plan judiciaire et politique, cette affaire reste une démonstration inquiétante de l’impunité grandissante sous le régime du CNRD.
Alors que les responsables de cet acte de barbarie courent toujours, le silence des autorités devient de plus en plus assourdissant. Jusqu’où ira le régime dans sa dérive répressive avant que le peuple ne dise stop ?
Un crime d’État étouffé sous le silence
Ce qui est arrivé à Abdoul Sacko n’est pas un simple fait divers, c’est un signal clair envoyé à toute la société civile guinéenne : quiconque critique le régime peut être réduit au silence par des méthodes brutales dignes des pires dictatures.
- Un enlèvement en pleine nuit, exécuté par des hommes armés et non identifiés.
- Aucune procédure légale, aucun mandat, aucune justification officielle.
- Une disparition forcée suivie de tortures avant un abandon en brousse.
Et pourtant ?
- Le gouvernement ne réagit pas.
- Le ministre de la Justice ne lance aucune enquête.
- Les forces de l’ordre, pourtant censées protéger les citoyens, restent muettes.
Dans un pays normal, un crime aussi grave contre un leader de la société civile provoquerait un tollé national et international. Mais en Guinée, sous le règne du CNRD, ce n’est qu’un « incident de plus » à ajouter à la liste des abus d’un régime de plus en plus autoritaire.
Une justice aux abonnés absents
Me Samory Traoré, en annonçant l’amélioration de l’état de santé d’Abdoul Sacko, souligne l’absence totale de réaction des autorités face à cette violation flagrante des droits humains.
Où sont les procureurs ?
Où sont les enquêtes ?
Où sont les arrestations des commanditaires et des exécutants de cet enlèvement ?
Le CNRD prétend vouloir « refonder la Guinée », combattre l’injustice et instaurer un État de droit. Mais comment peut-on parler de justice quand des citoyens sont enlevés et torturés sans qu’aucune autorité ne s’en émeuve ?
- Faut-il rappeler que l’enlèvement et la torture sont des crimes graves au regard du droit national et international ?
- Faut-il rappeler que tout régime qui protège les criminels et abandonne les victimes finit toujours par être rattrapé par son propre chaos ?
La justice guinéenne, sous le contrôle du CNRD, ne poursuit que les opposants politiques et ferme les yeux sur les crimes commis par le régime. Elle est devenue un instrument de terreur au service du pouvoir, au lieu d’être une institution qui protège les citoyens.
Un État qui normalise la répression
Ce qui est peut-être le plus inquiétant dans cette affaire, c’est la banalisation totale des violences politiques.
- Aujourd’hui, c’est Abdoul Sacko.
- Hier, c’étaient Foniké Mengué, Billo Bah et tant d’autres activistes et opposants.
- Et demain ? Qui sera le prochain sur la liste ?
Chaque jour, la peur s’installe un peu plus en Guinée. Les citoyens comprennent qu’ils ne sont plus en sécurité, que s’opposer au régime, c’est prendre le risque d’être enlevé, battu, voire pire.
Et pourtant, le CNRD continue de faire semblant d’être un gouvernement « républicain », alors qu’il adopte les méthodes classiques des régimes militaires qui confisquent le pouvoir et écrasent toute opposition.
- Interdiction des manifestations.
- Arrestations arbitraires.
- Répression des médias.
- Menaces contre les activistes.
Tout est en place pour transformer la Guinée en un État policier où la seule loi qui compte est celle du plus fort.
Le peuple guinéen restera-t-il passif ?
Me Samory a raison de dénoncer l’inaction des autorités. Mais combien de temps encore allons-nous nous contenter de dénoncer, sans agir ?
Les enlèvements, les arrestations arbitraires, les tortures… ce ne sont pas juste des « bavures », ce sont les signes avant-coureurs d’une dictature qui s’installe.
L’histoire nous enseigne que lorsqu’un régime commence à enlever et à torturer ses opposants, il ne s’arrête pas tout seul. Il continue, jusqu’à ce que le peuple dise STOP.
Alors, combien de Sacko faudra-t-il encore ?
Combien de Guinéens devront disparaître avant que la résistance s’organise ?
Combien de mensonges faudra-t-il encore avaler avant que la rue prenne la parole ?
Le CNRD pense pouvoir régner par la peur. Mais la peur ne dure qu’un temps. Car un peuple opprimé finit toujours par se réveiller… et l’histoire montre que les régimes autoritaires finissent toujours par tomber.
— conakrylemag




