Affaire Kassory Fofana : ses avocats contre-attaquent et dénoncent un procès politique
Affaire Kassory Fofana : ses avocats contre-attaquent et dénoncent un procès politique
Le bras de fer judiciaire autour de l’ancien Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana se poursuit. Après sa condamnation à cinq ans de prison par la CRIEF, son collectif d’avocats monte au créneau et convoque un point de presse ce vendredi 7 mars 2025 à l’hôtel Kaloum.
À travers cette sortie médiatique, les avocats de Kassory entendent décortiquer le jugement rendu le 27 février 2025 et exposer, selon toute vraisemblance, les irrégularités et les motivations politiques qui auraient entaché la procédure.
Une justice sous influence ?
Dès le départ, le procès de Kassory Fofana a été perçu comme une manœuvre visant à neutraliser un poids lourd de l’ancien régime. Comme plusieurs autres anciens dignitaires du RPG Arc-en-ciel, il a été pris dans la nasse de la CRIEF, juridiction censée traquer la corruption mais qui semble servir avant tout à régler des comptes politiques.
Les avocats de Kassory pourraient ainsi :
- Contester la légalité de la procédure et pointer du doigt des vices de forme.
- Dénoncer une instrumentalisation de la CRIEF par le pouvoir militaire pour éliminer des adversaires gênants.
- Exiger un procès équitable et indépendant, loin des pressions du régime.
Une guerre judiciaire et politique
En convoquant ce point de presse, la défense de Kassory Fofana ne cherche pas uniquement à influencer le cours judiciaire du dossier, mais aussi à peser sur le terrain politique.
Le timing est crucial :
- La transition militaire se rapproche de 2025, année censée marquer le retour à l’ordre constitutionnel.
- Les militaires verrouillent l’espace politique, et la CRIEF apparaît comme un levier pour éliminer certains candidats potentiels.
- Les avocats de Kassory veulent donc poser une question clé : ce procès est-il un combat contre la corruption ou une chasse aux sorcières ?
Un test pour la justice guinéenne
Si cette affaire était purement judiciaire, les enquêtes sur les détournements présumés sous la transition militaire devraient être tout aussi rigoureuses. Mais à ce jour, aucun proche du CNRD ne fait face à la CRIEF, ce qui alimente la thèse d’une justice à deux vitesses.
Ce point de presse sera donc un moment clé pour comprendre jusqu’où les avocats de Kassory sont prêts à aller pour défendre leur client et quelles vérités ils comptent dévoiler.
Reste à voir si leurs révélations auront un impact sur un système judiciaire déjà largement contesté… ou si elles seront simplement étouffées par la machine du pouvoir.
— conakrylemag





