Aliou Bah à la cour d’appel : la dignité face à l’acharnement judiciaire

Aliou Bah à la cour d’appel : la dignité face à l’acharnement judiciaire
Ce mardi, au petit matin, Aliou Bah, président du MoDeL, a fait son entrée à la cour d’appel de Conakry. En tenue simple, le regard calme mais déterminé, l’opposant politique poursuit son chemin de croix dans un procès dont tout démontre qu’il est avant tout politique.
Derrière les grilles du tribunal, la tension est palpable. Car ce n’est pas seulement le sort d’un homme qui se joue ici : c’est la crédibilité même de la justice guinéenne, sa capacité à s’émanciper de la mainmise du pouvoir militaire et à dire le droit, même quand le régime tremble devant la vérité.
Aliou Bah, prisonnier d’opinion déguisé en justiciable
Officiellement, Aliou Bah est poursuivi pour diffusion de fausses informations, troubles à l’ordre public et atteinte à la sécurité de l’État.
Mais en réalité, tout le monde sait que ce dossier est cousu de fil blanc, monté à la va-vite pour faire taire une voix trop indépendante, trop libre, trop gênante.
Son crime ? Avoir dit tout haut ce que tout le monde murmure :
- Que la junte dérape.
- Que la transition est confisquée.
- Que la Guinée est devenue une prison à ciel ouvert pour ses opposants.
Un procès au goût de règlement de comptes
Depuis le début de cette affaire, le ministère public se démène pour justifier l’injustifiable. Les preuves sont maigres, les chefs d’accusation flous, les arguments s’effondrent dès qu’on les confronte à la réalité.
Mais ce procès n’est pas là pour convaincre. Il est là pour punir. Intimider. Isoler.
C’est une opération politique travestie en procédure judiciaire.
Et Aliou Bah ? Il tient bon. Stoïque.
Parce qu’il sait que ce qu’il incarne dérange : la constance, l’intégrité, l’opposition sans compromission.
Un symbole dans une salle d’audience
En entrant ce matin à la cour d’appel, Aliou Bah n’est pas simplement un prévenu.
Il est un symbole de la résistance civile à l’autoritarisme rampant, une figure debout dans une transition à genoux.
Il ne porte ni treillis ni écharpe tricolore. Il ne dispose ni d’escorte ni de fonds publics.
Mais il a ce que beaucoup n’ont plus : la confiance d’une partie du peuple, la légitimité du combat, et la force tranquille de ceux qui n’ont rien à se reprocher.
La cour d’appel à l’épreuve de l’Histoire
Ce procès est aussi celui de la justice guinéenne.
Va-t-elle oser dire le droit face au pouvoir ?
Va-t-elle confirmer une condamnation absurde, ou reconnaître que la prison ne doit pas devenir un outil politique ?
Ce mardi, les juges ne rendent pas simplement un verdict : ils révèlent ce que vaut encore la justice dans ce pays.
Aliou Bah entre libre de corps ou d’esprit.
Et quoi qu’il arrive dans cette salle d’audience, il en sortira plus grand qu’un régime qui enferme parce qu’il ne sait plus convaincre.
Le procès continue. Mais la conscience, elle, a déjà choisi son camp.
— conakrylemag




