Arrestation d’Abdoul Sacko : quand la junte fabrique des « bandits » sur mesure

Arrestation d’Abdoul Sacko : quand la junte fabrique des « bandits » sur mesure
La machine répressive du CNRD tourne à plein régime, et cette fois, c’est Abdoul Sacko, figure de la société civile, qui en fait les frais. Menotté, brutalement interpellé, transporté comme un criminel notoire, l’activiste a subi le traitement réservé aux ennemis du régime.
Face aux rumeurs savamment entretenues sur son interpellation, son avocat, Me Almamy Samory Traoré, a tenu à être clair :
« Il faut exclure toute hypothèse de banditisme ! »
Traduction : ne cherchez pas de justification légale ou morale à cette arrestation, il s’agit purement et simplement d’une persécution politique.
Un opposant, pas un criminel
Depuis l’arrivée des militaires au pouvoir, la justice est devenue une arme contre ceux qui osent élever la voix. Abdoul Sacko n’a commis aucun crime, si ce n’est dénoncer les dérives du régime et exiger une transition inclusive.
Mais sous le CNRD, revendiquer un État de droit, c’est déjà trop. Les opposants politiques sont persécutés. Les journalistes sont menacés. Les leaders de la société civile sont réduits au silence.
Et pour justifier ces abus, on n’hésite plus à tordre la réalité, en faisant passer des voix dissidentes pour des délinquants.
Une stratégie bien rodée
Cette arrestation n’est pas un cas isolé. C’est une technique bien connue des régimes autoritaires :
On interpelle brutalement une personnalité critique pour créer un climat de peur.
On laisse planer le doute sur ses « véritables intentions », histoire de discréditer son engagement. On maintient le flou juridique, le temps que l’opinion passe à autre chose. On finit par le libérer ou l’inculper sur des bases douteuses, selon les besoins du moment.
En d’autres termes, Abdoul Sacko n’est pas une exception : il est juste le dernier nom sur la liste des cibles de la junte.
Jusqu’à quand ?
La dérive autoritaire du CNRD est de plus en plus évidente. À force d’écraser toute contestation, le régime pense gagner du temps et asseoir son pouvoir.
Mais les méthodes brutales finissent toujours par provoquer l’effet inverse. À trop vouloir criminaliser l’opposition et la société civile, la junte risque de se retrouver face à une colère populaire incontrôlable.
Abdoul Sacko est peut-être derrière les barreaux aujourd’hui, mais l’histoire a prouvé que les dictatures finissent toujours par libérer malgré elles ceux qu’elles voulaient faire taire.
— conakrylemag




