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Bah Oury promet : « L’argent arrive, le dialogue aussi »… Mais est-ce un remède ou une illusion ?

Bah Oury promet : « L’argent arrive, le dialogue aussi »… Mais est-ce un remède ou une illusion ?

Le Premier ministre Bah Oury a présenté, le 19 juillet à Conakry, ce qu’il a qualifié de « bonne nouvelle » : les partis politiques vont enfin percevoir les subventions arriérées d’ici fin août. Il évoque en parallèle la mise en place d’un nouveau cadre de concertation pour accompagner le retour à l’ordre constitutionnel. Sur le papier, tout semble aller mieux. Dans les faits, le décor est tout autre : une mise en scène soigneusement orchestrée, un pansement sur une fracture profonde, sans aucune garantie de changement réel.

« On vous donne ce que vous voulez, mais on attend un silence complice en retour ».


Argent versé, silence acquis ?

Bah Oury a déclaré avoir rencontré le coordonnateur du cadre de dialogue pour passer en revue toutes les revendications « légitimes » des partis. Et il promet : d’ici fin juillet, une partie des sommes seront versées, le reste d’ici fin août . En réponses à qui ? Aux partis, oui, mais aussi aux critiques sur l’imposture du processus constitutionnel jugé trop verrouillé, trop opaque, trop dirigé.

Mais peut-on mettre un pansement avec de l’argent ? Ce versement ne couvre-t-il pas aussi une part de chantage : « On vous paye, alors fermez-la » ?


Dialogue renouvelé ou mise en scène ?

Après avoir promis un retour à la concertation, le Premier ministre annonce la création d’un cadre de concertation « adapté à la nouvelle phase ». Pourtant, chacun se souvient du dialogue précédent : des bras-de-fer stériles, un gouvernement qui décidait unilatéralement, des opposants marginalisés, et un retour constitutionnel bâclé.

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Ce nouveau cadre sera-t-il réel ? Inclusif ? Ou seulement une coquille vide, calibrée pour faire joli aux yeux des partenaires internationaux ?


Un plan de séduction sous surveillance

Bah Oury appelle les partis à « retrousser les manches » pour la suite de la transition, qui inclut la Constitution, le référendum, puis… d’éternelles promesses de gouvernance post-transition. Le message est limpide : « On vous donne ce que vous voulez, mais on attend un silence complice en retour ».

Car en Guinée de 2025, les subventions ne sont pas un droit, elles sont une arme : un levier de contrôle politique, une façon subtile (mais réelle) de manipuler des acteurs censément indépendants.


Pas d’indépendance, pas d’engagement

Du côté de l’opposition, beaucoup restent sceptiques. Pourquoi accepter ce prétendu dialogue alors que la Constitution est élaborée dans un huis clos minimal, avec des prisons remplies d’opposants, des médias réduits au silence, et des arrestations répétées pour “offense au chef de l’État” ?

Sans garanties fortes justice indépendante, sécurité des opposants, liberté des médias ces annonces ressemblent trop à de la poudre aux yeux.


Vers un piège institutionnel ?

Il faut noter une inquiétante redondance : chaque étape critique du processus est accompagnée d’un geste diplomatique ou financier subventions, dialogues, ajustements constitutionnels pour donner l’illusion d’un agenda dynamique. Mais les avancées réelles restent invisibles.

En réalité, le régime scinde les ministères pour multiplier les postes, verrouille le fichier électoral, crée une Constitution à sa main, et verse des fonds aux partis pour endormir toute velléité de contestation.


Le moment de vérité approche

D’aucuns diront que ce geste représente un pas en avant. Mais la vraie question est : à qui profite ce pas ? Aux partis qui en avaient besoin, certes. Mais surtout à celui qui, derrière, s’assure la mainmise sur le processus politique, et consolide une transition qui dure… et qui dure encore.

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Le 21 septembre s’annonce comme un moment de vérité. Si la Guinée sortira un jour de cette phase, ce ne sera pas grâce à des subventions qui musèlent, ni des dialogues qui enferment. Ce sera grâce à la mobilisation citoyenne, à la pression collective, et à l’exigence d’un vrai changement, dans un pays qui hurle depuis 2021 contre l’enfermement politique.


 

PAR CONAKRYLEMAG.COM

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