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On a reconduit Aliou Bah en prison, mais on ne pourra pas y enfermer son combat

Aliou Bah reconduit en prison : la justice prolonge l’arbitraire, la junte savoure sa vengeance

La scène s’est répétée comme dans un mauvais feuilleton judiciaire : Aliou Bah, a été reconduit en prison, ce mardi 26 mars, au lieu d’être libéré comme il l’aurait dû. Son procès en appel ? Renvoyé au 9 avril. Officiellement pour des raisons techniques. En réalité, pour prolonger une détention injuste, orchestrée, et entièrement politique. Encore un épisode humiliant dans cette guerre de harcèlement judiciaire que le régime militaire livre méthodiquement à l’un des derniers leaders d’opinion encore debout en Guinée.

Un report déguisé en punition politique

Le procès devait marquer un tournant. Un moment de vérité, où l’on espérait que le droit reprendrait enfin ses droits. Au lieu de cela, on a eu un théâtre minable, un renvoi sans fondement, une justice silencieuse qui détourne les yeux, et un homme reconduit en prison comme un vulgaire criminel. Son crime ? Avoir pensé librement. Avoir parlé. Avoir dérangé.

La junte, elle, jubile. Chaque jour de plus passé par Aliou Bah en cellule est une victoire psychologique, un message envoyé à tous les autres : « Si même lui, on peut le faire taire, imaginez ce qu’on fera de vous. » C’est une stratégie de la peur. Mais aussi le symptôme d’un pouvoir faible, incapable de convaincre, incapable de fédérer, qui ne tient plus que par la matraque, les juges soumis, et l’humiliation publique des esprits libres.

Le calendrier judiciaire au service du calendrier politique

Ne soyons pas naïfs : le renvoi au 9 avril n’est pas une coïncidence. C’est une manœuvre calculée pour épuiser l’accusé, décourager ses soutiens, brouiller les lignes, maintenir un climat d’instabilité autour d’un homme dont le seul tort est d’être resté droit quand tant d’autres ont courbé l’échine.

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Ce report, ce n’est pas une décision de justice. C’est une punition déguisée, une prolongation de peine illégitime, sans procès, sans débat, sans contradiction. Dans n’importe quel État de droit, une telle situation serait un scandale. En Guinée, elle est devenue la norme.

Le silence coupable des institutions

Et que disent nos institutions ? Rien. La HAC regarde ailleurs. Le Barreau hésite. La société civile murmure. Mais personne ne se lève, frontalement, pour dénoncer l’ignominie que subit Aliou Bah. Car tout le monde sait. Et tout le monde a peur. Ou pire : tout le monde s’habitue.

Et pourtant, ce n’est pas seulement Aliou Bah qu’on enferme. C’est un peu plus de la liberté qu’on enterre chaque jour dans ces cachots du régime. On retarde son procès, on étouffe son message, on encadre sa parole. Mais ce que les stratèges du silence n’ont pas compris, c’est que plus on retarde une vérité, plus elle finit par exploser.

Aliou Bah, l’opposant que la junte ne digère pas

Pourquoi tant d’acharnement ? Parce qu’Aliou Bah ne rentre dans aucune case. Il n’a pas trempé dans les magouilles des anciens régimes. Il n’a pas de casseroles à faire oublier. Il n’est ni achetable, ni récupérable. Et surtout, il n’a jamais mâché ses mots face à la junte.

C’est ce profil incorruptible qui dérange. Ce ton ferme. Cette parole structurée. Cette capacité à mobiliser sans violence, à convaincre sans haine. C’est cela qu’on veut casser. Pas un homme. Un espoir.

Le 9 avril : justice ou farce finale ?

À quoi faut-il s’attendre le 9 avril ? Un énième renvoi ? Un procès expéditif ? Une sentence préfabriquée ? Tout est possible dans cette justice devenue l’appendice docile du pouvoir militaire. Rien ne garantit qu’Aliou Bah pourra bénéficier d’un procès équitable. Ce que l’État veut, c’est l’user, le faire craquer, l’éradiquer symboliquement, pour qu’aucune relève ne pousse derrière lui.

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Mais ce que l’État ignore, c’est que la Guinée entière regarde. Et que chaque humiliation subie par Aliou Bah renforce sa légitimité. Qu’à force de vouloir l’éteindre, on l’érige en symbole. Qu’en le renvoyant sans cesse en prison, on le transforme en conscience nationale.

On a reconduit Aliou Bah en prison, mais on ne pourra pas y enfermer son combat

Le 26 mars 2025 restera comme un jour de honte pour la justice guinéenne, un jour de plus où un homme libre a été traité comme un criminel pendant que les vrais fossoyeurs de la République paradent dans les couloirs du pouvoir.

Aliou Bah est derrière les barreaux. Mais son combat, lui, circule librement, de rue en rue, de cœur en cœur. Le 9 avril, ce ne sera pas juste un procès. Ce sera un face-à-face entre l’arbitraire et l’Histoire.

Et dans ce face-à-face, les juges n’écrivent pas seuls le verdict. Le peuple, lui aussi, saura s’en souvenir.

PAR CONAKRYLEMAG.COM

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