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Maillot à la dérive : Guirassy et l’équipementier au cœur du débat

Maillot à la dérive : Guirassy et l’équipementier au cœur du débat


Le maillot trop court de Guirassy : quand l’image du Syli passe par un short mal taillé

« Le short ne montait pas, c’était comme un caleçon ». Cette phrase, lâchée par Sega Diallo dans un podcast produit par Starter Production, résonne comme un symbole. Ancien vice-président du Comité de Normalisation (Conor) de la Fédération Guinéenne de Football (FGF), Sega Diallo revient sur un épisode révélateur des difficultés du Syli National avec son équipementier d’alors, Masita.

Et ce n’est pas n’importe quel joueur qui l’a fait remarquer : Serhou Guirassy, l’un des talents les plus en vue du moment, international guinéen formé en France, buteur redoutable, est arrivé à Conakry pour honorer une convocation en sélection… avec une drôle de surprise à l’essayage du maillot national.


Une affaire de détails… qui en disent long

Quand Guirassy débarque en sélection, il est bien conscient de l’importance de représenter son pays. Mais il ne peut pas ignorer les détails qui frappent dès les premiers instants. “Il a dit aux membres du staff qu’il venait parce qu’il aimait la Guinée, mais que des détails comme ça sont importants pour attirer d’autres joueurs”, rapporte Sega Diallo.

Et il a totalement raison. Dans le foot moderne, tout se joue à la fois sur le terrain et en dehors. L’image, le professionnalisme, la qualité de l’environnement sont cruciaux. Quand un joueur arrive en sélection nationale et qu’on lui tend un équipement qui semble sortir d’un marché local, ça fait tache. Pire, ça renvoie une image bancale de toute l’institution.

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Guirassy, qui évolue dans l’élite du football européen, s’attend au minimum syndical : un équipement bien taillé, bien livré, bien géré. Au lieu de cela, il reçoit un short Masita qui lui serre les cuisses et ne monte pas à la taille.


De Masita à Puma : une question de crédibilité

L’équipementier néerlandais Masita, partenaire de la FGF durant plusieurs années, a longtemps été au cœur des critiques. Pas forcément pour la qualité technique de ses produits, mais pour la gestion de la dotation, la logistique et le manque de modernité de son image. Ce n’est pas un hasard si, pour beaucoup d’observateurs, ce partenariat n’était pas à la hauteur des ambitions d’un pays comme la Guinée, riche en talents.

Puis est venue la transition vers Puma. Et là, le contraste est immédiat. Sega Diallo le confirme avec des chiffres à l’appui. “La facture la plus élevée qu’on a payée avec Masita, c’est 23 000 $ pour la première dotation. Et pour la CAN 2024, Puma nous a offert gratuitement l’équivalent de 57 000 $ d’équipements, comme prévu dans le contrat”, explique-t-il.

Un bon deal ? Clairement oui. Car au-delà de la quantité ou du coût, c’est le symbole qui compte. Quand un grand équipementier comme Puma équipe le Syli, cela renvoie un signal fort : professionnalisme, standing, respect. Et surtout, cela attire plus facilement les binationaux, souvent hésitants, qui comparent tout, du terrain d’entraînement aux conditions de transport, en passant par… le maillot.


Des détails qui comptent pour les grandes ambitions

La Guinée rêve d’un avenir en or sur le continent africain. Mais pour cela, il faut construire sur des bases solides. Et dans le football, tout commence par les fondamentaux : équipements, conditions de travail, staff structuré, vision à long terme.

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Sega Diallo, en racontant cette anecdote sur Guirassy, met le doigt sur ce qui, trop souvent, fait défaut au football guinéen : la rigueur dans la gestion. “Un joueur de haut niveau, ce n’est pas seulement un maillot et des crampons. C’est une exigence de professionnalisme sur chaque détail. Même un short trop serré peut te faire perdre un joueur”, explique un agent contacté.

Et c’est là tout le paradoxe. La Guinée regorge de talents, mais elle peine encore à bâtir un écosystème solide autour de son équipe nationale. Or, à ce niveau, l’image vaut autant que les résultats. Si l’on veut que les Guirassy, Kamano, Bayo ou Moriba soient fiers de porter le rouge-jaune-vert, il faut leur donner un environnement digne.


Derrière les maillots, une question d’engagement

La transition vers Puma n’est pas qu’un changement de logo sur les maillots. C’est un signe que la FGF, du moins à cette époque, voulait passer un cap. Avec un équipementier de renommée mondiale, c’est toute l’image du Syli qui se muscle.

Mais restons vigilants. Comme l’a rappelé Sega Diallo dans son intervention, un bon contrat ne suffit pas. Il faut le respecter, le suivre, l’exploiter. Il faut aussi maintenir la transparence, notamment sur les contreparties, les livraisons, les conditions d’utilisation. Trop souvent en Afrique, les contrats d’équipementiers se terminent dans l’opacité ou les conflits.


Guirassy, symbole d’un foot guinéen qui veut grandir

Serhou Guirassy, au-delà de ses buts en club, est devenu malgré lui un symbole. Celui de cette génération de binationaux prêts à tout donner pour la Guinée, mais qui réclament un minimum de sérieux.

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Et franchement, qui peut leur en vouloir ? Lorsqu’un joueur quitte les pelouses impeccables de la Bundesliga pour rejoindre Conakry, il ne demande pas des hôtels 5 étoiles ou des jets privés. Il demande juste un short à sa taille, un maillot bien cousu, et un encadrement respectueux.


Un short, un signal

Ce short trop court, qui faisait sourire dans les vestiaires, est en réalité le reflet d’un problème bien plus profond. Celui d’une fédération longtemps minée par le bricolage, mais qui commence espérons le à comprendre que le professionnalisme se joue aussi dans les petits détails.

Avec des partenaires solides, des contrats clairs et des joueurs respectés, la Guinée peut franchir un cap. Mais pour cela, chaque short, chaque chaussure, chaque action compte. Le Syli mérite mieux. Et ses joueurs aussi.


 

PAR CONAKRYLEMAG.COM

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