A LA UNELes perles de sankaraPolitique

Ce qui m’empêche de dormir ces jours-ci, c’est bien plutôt ces histoires de cadavres trucidés ou mutilés que l’on trouve à tous les coins de Conakry.

Tanatè ? Et le coronavirus ? Et les bovins ? Les caprins ? Le coq de la basse-cour ? Le chien galeux ? Et Grand P ? Et le coin sombre de Kaloum ? OK.

Il fait trop chaud dans ce pays pour espérer rester vivant sans boire frais et dormir au frais. À force de brasser de l’air chaud, mon vieux ventilo a fini par se griller tout seul. C’est tant mieux pour les factures qui devenaient de plus en plus salées. J’aurais bien voulu dormir à la belle étoile, mais je risque d’inspirer tous les méningocoques que charrie la poussière. Je préfère encore vivre pauvre et avoir chaud que de choper cette sale maladie mortelle qui te raidit le cou et la colonne vertébrale.

J’aurais bien voulu, comme mon voisin, m’acheter un climatiseur. Avec mon salaire de misère, je n’en aurai jamais les moyens. Et puis, ce n’est pas dans une cabane pourrie, comme celle où je crèche, qu’on peut installer un split. La clim’, ce n’est pas fait pour nous autres, mais bien pour ceux qui s’engraissent sur notre dos et qui ont besoin de se refroidir la bedaine et les testicules pour pouvoir dormir. Il suffit que je me rafraîchisse le gosier de quelques Guiluxes bien glacées pour trouver le sommeil. Même à 50° à l’ombre.

Ce qui m’empêche de dormir ces jours-ci, c’est bien plutôt ces histoires de cadavres trucidés ou mutilés que l’on trouve à tous les coins de Conakry. C’est à croire que cette ville est devenue une sorte de Far West où on peut se faire refroidir n’importe quand et n’importe comment par un tueur embusqué. Il ne se passe plus de semaine sans que la presse ne fasse état de ces meurtres qui me foutent la trouille.

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Inutile de vous dire que j’ai peur d’aller faire un tour dans les quartiers périphériques. Surtout pas à Coyah où les découvertes macabres semblent plus fréquentes. Rien qu’en écoutant les rumeurs qui circulent sur les mobiles de ces crimes odieux, j’ai la chair de poule.

Dans ce pays où certains tarés sont prêts à n’importe quelle connerie pour devenir riche ou avoir le pouvoir, je n’ai pas d’autre choix que de mourir pauvre, au lieu de subir ce triste sort. Je préfère encore mourir dans le fond de l’océan, en voulant échapper à la misère, que de devenir un mouton de sacrifice. Tanatè ?

PAR CONAKRYLEMAG.COM

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