
Cellou Dalein appelle au calme : « Les conditions de mon retour ne sont pas réunies »
Alors que la Guinée s’oriente vers le référendum constitutionnel du 21 septembre et que la tension politique demeure palpable, la déclaration de Cellou Dalein Diallo, leader de l’UFDG, résonne avec une charge symbolique majeure. Installé à l’étranger, l’opposant historique vient de fermer la porte à un retour précipité dans le pays. « Les conditions de mon retour ne sont pas encore réunies », a-t-il affirmé, précisant qu’il attendait qu’il y ait « moins de passion et de haine » pour envisager un retour.
Entre temporisation et appel à l’apaisement
Avec ces mots, Cellou adopte une posture mesurée. Ni frustration vocale, ni langage belliqueux. Juste une temporisation : un signal prudent qu’il ne veut pas que son retour soit instrumentalisé par des passions et des rancœurs. Il semble tendre une main, non pas dans un rapport de force, mais dans l’espoir d’un contexte plus serein.
Cette retenue n’est pas anodine en Guinée, où l’hyper-politisation peut transformer des retours politiques en scènes de confrontation. À travers cette déclaration, on perçoit une volonté de ne pas replonger dans les crises passées les affrontements, les manifestations musclées, les ressentiments ethno-politiques.
Le poids implicite des « passions » qu’il évoque
Entre les lignes, c’est tout un appel à l’auto-limitation des acteurs politiques qui se dessine. Les « passions » et la « haine » ne sont pas que des mots abstraits : elles font référence à un climat de tension latent, à des discours parfois incivils, à des figures marquantes d’une violence pastillée.
Cellou semble dire : pourquoi brûler les étapes alors que le terrain politique réclame une décrispation ? Pourquoi revenir dans un climat où la méfiance règne, au risque de déclencher des réactions incontrôlées ? Cette mise en garde vaut pour lui-même, mais elle s’adresse aussi à ceux qui luttent pour la stabilité nationale.
Un retour conditionné, mais symboliquement puissant
Le fait qu’il pose ces conditions est déjà un message politique clair : il ne renonce pas, il temporise. L’opposant souligne sa disponibilité mais pas à n’importe quel prix. Il veut un retour digne, réfléchi, qui ne rappelle pas les violences des épisodes politiques passés.
Ce choix d’attente est symboliquement fort. Il refuse d’être le vecteur d’une escalade émotionnelle. Il revendique sa liberté de revenir dans un environnement apaisé. Et implicitement, il pose la question : qui voudra vraiment d’un retour explosif, dans une atmosphère de segmentation ?
Une posture qui contraste avec les logiques d’affrontement
Cette déclaration puise sa force non dans la rhétorique, mais dans la posture. Elle dit : je ne suis pas dans une logique de revanche, je ne suis pas dans une logique d’escalade, je suis pour l’apaisement.
Dans un paysage politique guinéen où l’affrontement se nourrit souvent de symboles d’absence et de la violence verbale ou physique, cette attitude fait figure d’extra-terrestre. Elle est un appel discret mais puissant à la responsabilité collective.
Pas un retrait, mais une stratégie de prudence
Cellou Dalein ne se retire pas. Il se met en condition. Il mise sur le temps plus que sur l’instant. Et il ne garantit pas quand il reviendra seulement que ce retour sera réfléchi, non précipité.
Dans une Guinée où la passion peut être plus contagieuse que les idéaux, choisir d’attendre la décrispation est un acte plus politique qu’il n’y paraît. C’est, en somme, une déclaration non pas contre, mais pour pour la paix, pour la sérénité, pour une opposition qui ne fait pas du chaos son programme.
— conakrylemag




