
Cellou Dalein Diallo sonne l’alerte : « Il est urgent de s’unir pour faire partir cette junte »
Le ton monte contre le régime militaire en Guinée. Face à une transition qui s’éternise et un pouvoir qui se durcit jour après jour, Cellou Dalein Diallo appelle les Guinéens à s’unir et s’organiser pour mettre fin au règne du CNRD. Dans une déclaration sans ambiguïté, l’opposant historique affirme qu’il n’y a plus de temps à perdre : le pays glisse inexorablement vers un autoritarisme sans limite.
Son message sonne comme un appel au sursaut national, alors que la junte de Mamadi Doumbouya verrouille progressivement tous les leviers du pouvoir en vue de prolonger indéfiniment son règne.
Une transition devenue une dictature militaire
Au départ, le CNRD avait promis une transition apaisée et un retour rapide à l’ordre constitutionnel. Mais trois ans après le putsch du 5 septembre 2021, où en est réellement la Guinée ?
- Aucune date précise pour les élections, malgré les engagements répétés.
- Un climat politique exécrable, où les opposants sont soit en exil, soit traqués, soit sous pression judiciaire.
- Une répression accrue, avec l’interdiction systématique des manifestations et des arrestations arbitraires.
- Un silence complice de la communauté internationale, qui semble privilégier la stabilité du régime au détriment des droits du peuple guinéen.
Dans ce contexte, l’appel de Cellou Dalein Diallo apparaît comme un cri d’alarme. Il ne s’agit plus d’attendre passivement que la junte décide du sort du pays, mais d’agir pour empêcher un coup d’État électoral.
Vers une confiscation totale du pouvoir ?
Tous les signaux indiquent que Mamadi Doumbouya et ses hommes ne comptent pas lâcher le pouvoir. Sous couvert de réformes institutionnelles et de refondation, ils multiplient les manœuvres pour éliminer toute concurrence politique.
- Des partis politiques marginalisés, sous prétexte de « moralisation de la vie publique ».
- Une propagande d’État omniprésente, mettant en scène un Doumbouya « sauveur de la nation ».
- Un climat de peur instauré, empêchant toute contestation populaire.
À ce rythme, la Guinée ne se dirige pas vers une transition démocratique, mais bien vers une nouvelle autocratie sous uniforme militaire.
L’opposition face au mur
Le problème, c’est que l’opposition guinéenne est aujourd’hui morcelée, affaiblie par la répression et les querelles internes. Cellou Dalein Diallo en est conscient : sans une union forte, toute résistance à la junte restera vaine.
Son appel est donc un test pour les forces politiques et la société civile : seront-elles capables de mettre de côté leurs différends pour constituer un véritable front contre la dérive autoritaire du CNRD ?
Car si l’opposition échoue à s’organiser, le pouvoir militaire aura toute la latitude pour imposer son agenda sans résistance réelle.
Un peuple prêt à se révolter ?
Si les partis politiques hésitent encore, le mécontentement populaire, lui, ne cesse de croître.
- L’inflation galopante appauvrit des milliers de familles.
- Les coupures d’électricité rendent la vie quotidienne insupportable.
- Le chômage atteint des niveaux alarmants, avec une jeunesse désabusée.
À force de bâillonner la population, la junte prend le risque d’une explosion sociale incontrôlable. L’histoire de la Guinée a montré que les régimes qui abusent de leur pouvoir finissent toujours par être renversés, souvent dans la douleur.
L’heure de vérité approche
L’appel de Cellou Dalein Diallo met chacun face à ses responsabilités. Rester passif, c’est laisser la junte imposer un régime militaire durable. Agir, c’est prendre le risque de la confrontation, mais aussi celui d’un véritable changement.
Le CNRD mise sur l’épuisement des opposants et la résignation du peuple. Mais jusqu’à quand les Guinéens accepteront-ils d’être spectateurs de leur propre destin ?
— conakrylemag




