
Conakry : Appel Pressant pour une Suspension des Financements de la Banque Mondiale au Régime Militaire
Une lettre retentissante a été adressée au Groupe de la Banque Mondiale, émanant de voix guinéennes à Conakry, réclamant la suspension immédiate de tous les financements accordés au régime militaire dirigé par le Général autoproclamé Mamadi Doumbouya. Ce document, porté par des activistes et des défenseurs des droits humains, exige une transparence totale sur les enlèvements arbitraires et les disparitions forcées qui secouent le pays depuis l’arrivée au pouvoir de la junte en 2021. Cette initiative survient dans un contexte de tensions croissantes, à moins de six semaines du référendum constitutionnel du 21 septembre, et reflète une défiance accrue envers le CNRD.
La lettre met en lumière une série d’incidents documentés par des organisations locales et internationales, comme Amnesty International, qui ont recensé plus de 150 cas présumés de disparitions depuis 2022, souvent attribués à des unités proches du régime. Les signataires dénoncent l’absence de réponse officielle et appellent la Banque Mondiale, principal bailleur avec environ 1,2 milliard de dollars alloués à la Guinée entre 2020 et 2024 (Banque Mondiale, 2024), à geler ses fonds jusqu’à ce que Doumbouya fournisse des explications claires. Ces financements, destinés à des projets d’infrastructure et de développement rural, sont perçus comme un soutien indirect à un régime accusé de violations des droits humains.
Cette demande intervient alors que les Forces Vives préparent des manifestations pour le 5 septembre, amplifiant la pression sur la junte. Les auteurs de la lettre arguent que continuer à financer un gouvernement opaque compromet les principes de bonne gouvernance défendus par la Banque Mondiale. Ils exigent également une enquête indépendante sous supervision internationale pour faire la lumière sur ces affaires, citant des cas récents, comme celui d’un militant porté disparu à Kaloum le 10 août.
La réaction du CNRD reste à venir, mais cette démarche pourrait influencer les partenaires internationaux, notamment la CEDEAO, qui surveille la transition. Si la Banque Mondiale cédait à cette pression, cela marquerait un tournant majeur, privant la Guinée de ressources cruciales pour ses projets, mais renforçant potentiellement les appels à la démocratie. Le débat est lancé : cette suspension est-elle une solution ou un risque pour la stabilité économique ?


— conakrylemag




