
Conakry en Cendres: Un Gouvernement Muré dans le Silence Face à une Tragédie Croissante
Après une période inquiétante de silence, le gouvernement de la Guinée a finalement brisé sa réserve, affirmant que l’incendie qui a ravagé le terminal pétrolier de Conakry est désormais « complètement éteint ». Cependant, l’écho de ce silence résonne encore, lourd de questions sans réponse. L’annonce survient comme un aveu tardif dans un paysage encore fumant de désolation, alors que la zone sinistrée demeure scellée, officiellement pour des raisons d’investigation.
La mise à jour macabre du bilan, désormais à 24 morts, dont 11 non identifiés, ajoute au poids d’une tragédie nationale qui s’alourdit de jour en jour. Pendant ce temps, 1,074 âmes portent le fardeau direct de cet événement cataclysmique, leurs vies chamboulées par les flammes et les fumées toxiques.
Malgré les signes d’amélioration de la qualité de l’air, le gouvernement recommande toujours le port du masque, un rappel sinistre que tout n’est pas rentré dans l’ordre. Et c’est précisément là que les critiques fusent à l’encontre de l’administration Goumou : peut-on vraiment justifier une absence de communication, même au nom des investigations, alors que le peuple est laissé dans l’angoisse et l’incertitude ?
La réponse est un retentissant non. Le silence n’est pas seulement une absence de son ; c’est une absence de leadership, une démission face à la responsabilité d’informer et de rassurer une nation en proie à la peur. Le temps d’enquête prolongé, sans partage d’informations, n’est pas seulement une question de protocol, mais un symptôme d’une gouvernance qui semble perpétuellement à la traîne des événements, jamais tout à fait à la hauteur des crises qu’elle doit gérer.
La gestion de l’incendie de Conakry, et plus encore, la gestion de sa communication post-catastrophe, seront sans doute inscrites dans les annales comme le miroir d’un gouvernement qui, face à l’épreuve du feu, a révélé ses fissures.
Par Ibrahima Dramé pour conakrylemag.com
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