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Conakry “Encore des bruits de bottes, c’est quoi ça?”

“Encore des bruits de bottes, c’est quoi ça?”

C’est un ami européen qui m’a envoyé une vidéo et m’a téléphoné pour savoir les nouvelles de la Guinée. Il a séjourné chez nous et il aime bien notre pays. La vidéo montre les militaires guinéens qui vont chercher les clés des maisons de deux leaders politiques.

J’ai partagé avec lui, mon point de vue sur les biens de l’État et je veux le partager ici avec vous. Cette vidéo ne donne pas une bonne image de notre pays d’où l’inquiétude de mon ami.
La récupération et la restitutions des biens sont un des sujets complexes et difficiles de notre pays, le sujet ne se règle pas dans la précipitation.

Pour rappel, après notre indépendance en 1958, l’État guinéen confisqua des biens des français, des Syriens, des Libanais et de l’Église pour ne citer que ceux-ci. J’ai déjà écrit un texte sur l’expropriation de la plantation du français Mr Daubige à N’Zérékoré.

Un jour en marchant avec mon père à côté de la banque BICIGUI en plein centre de N’Zérékoré, il m’amena devant un concession « Paul viens, regarde cette dans cette concession que je suis né, c’était la concession de mon père, il fut expulsé. Il s’installa après à Kuitèya poulou, qui était la brousse ». Moi qui suis souvent curieux, je n’avais pas demandé les raisons de cette expulsion.

Il y a aussi les expropriation des guinéens arrêtés pour des complots réels ou supposés. Donc si l’État se décide à rendre des biens, il faut le faire cas par cas et rendre tous les biens injustement pris. De même que pour la récupération des biens de l’État.
Si des citoyens (peu importe leurs statuts politiques) disent qu’ils ont des preuves d’achats de ces biens et qu’ils saisissent la justice, il faut laisser la justice tranchée. Si une juridiction se dit incompétente, envoyez les dossiers dans celle qui l’est. Tout simplement.

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Prendre des mesures d’expulsion contre des citoyens qui clament leurs droits avec des preuves sans une décision juridique, c’est un abus de pouvoir. C’est mon point de vue.

Le discours du Colonel Doumbouya contre la gabegie financière et l’utilisation de la justice comme sa boussole fut applaudit par beaucoup de guinéens. Quand il fit une parade dans les quartiers de Conakry surnommés quartiers de l’axe, les jeunes l’acclamèrent, ce fut une liesse populaire. Quelques mois plus tard, les pratiquent sont contraires du discours, des anciens pilleurs reviennent à la table du festin, ce qui entraine des mécontentements.
Des jeunes de l’axe recommencent à lancer des pierres et les forces de l’ordre aussi recommencent à lancer des bombes lacrymogènes.
Certaines commencent à dire que ces jeunes sont manipulés par des leaders politiques. Chassez le naturel…

Pendant le régime de Sékou Touré, toutes les voix dissonantes étaient des traitres, des fantoches, des apatrides, des contre-révolutionnaires et j’en passe.
Pendant celui de Lansana Conté, ce sont des opposants avec une connotation péjorative.
Enfin arriva, Alpha Condé. « Les anciens premiers ministres qui ont pillé le pays », au début de son régime, cela passait mais onze ans plus tard, il ne voyait pas la poutre dans ses yeux.

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A mon avis l’urgence était de s’attaquer aux gabegies financière et la récupérations de fonds détournés mais bon.

Quand Dadis Camara arriva au pouvoir, une délégation alla à N’Zérékoré et le maire de l’époque déclara « Nous voulons que la transition dure 5 ou même 10 ans », applaudissement.
Les gens qui sont allés à l’intérieur (je ne sais pas quel méthode de sondage ils vont utiliser), beaucoup de guinéens savent qu’ils reviendront nous dire que le peuple veut des années de transition. Rien de nouveau sous le soleil des tropiques.

J’ai observé cette transition et je crois qu’elle est ratée. Les nouveaux venus et certains anciens vont bien profiter de la table du festin et gare aux contestataires. La crise va s’accentuer.
C’est comme cela que je vois la situation.
Critiquer un régime en Guinée, c’est se faire des ennemis pour rien en fait et surtout des mots de tête inutiles. C’est le bas peuple qui trimera comme d’habitude.

Je prends mes congés avec la politique guinéenne qui m’énerve et rendez-vous avec le sport et la traite négrière.
Paul Théa

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