Condamnation de Kassory Fofana : la CRIEF exécute, l’opposition dénonce une justice politique
Un message à l’opposition : "Ne pensez même pas à 2025"

Condamnation de Kassory Fofana : la CRIEF exécute, l’opposition dénonce une justice politique
L’ancien Premier ministre Kassory Fofana a été condamné à cinq ans de prison par la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Une décision qui ne surprend personne dans un pays où la justice est devenue une arme au service du pouvoir en place.
Dès son incarcération en avril 2022, Kassory Fofana, ex-chef du gouvernement sous Alpha Condé, savait qu’il était dans le viseur du régime militaire. Accusé de détournement de fonds publics et de corruption, il s’est toujours défendu, dénonçant un procès politique destiné à liquider les anciens dignitaires du régime déchu.
Mais dans un système judiciaire où les verdicts sont souvent écrits à l’avance, son sort semblait déjà scellé.
Un procès expéditif, une condamnation contestée
À peine le jugement prononcé, l’ancien Premier ministre a interjeté appel, affirmant que son procès n’a pas été équitable. Ses avocats dénoncent une procédure biaisée, menée dans un contexte où les opposants et ex-dirigeants sont systématiquement jugés coupables avant même d’avoir plaidé leur cause.
La CRIEF, censée incarner la lutte contre la corruption, a surtout servi à cibler les figures de l’ancien pouvoir, tandis que les proches du régime actuel ne sont jamais inquiétés.
Pourquoi aucun haut cadre du CNRD n’a-t-il encore été poursuivi pour gestion opaque des finances publiques ?
Pourquoi les enquêtes semblent toujours orientées vers les opposants au régime militaire ?
Autant de questions qui confirment le caractère politique de cette justice à sens unique.
Un message à l’opposition : « Ne pensez même pas à 2025 »
La condamnation de Kassory Fofana ne vise pas uniquement à solder les comptes de l’ère Alpha Condé. C’est un avertissement clair adressé à tous ceux qui espèrent participer aux futures élections.
En neutralisant une figure influente du RPG, le pouvoir envoie un signal à l’opposition : toute ambition politique se paiera au prix fort. À l’approche de 2025, le CNRD verrouille méthodiquement l’espace politique, entre poursuites judiciaires, interdictions de réunions et répression des manifestations.
Le scénario est classique : prétendre épurer la classe politique, tout en éliminant les adversaires les plus redoutables. Kassory Fofana est le dernier en date à en faire les frais, mais il ne sera certainement pas le dernier.
Une Guinée où la justice rime avec soumission
La transition actuelle ressemble de plus en plus à une chasse aux sorcières où la justice est manipulée pour écraser toute opposition. Ceux qui espéraient un retour à un État de droit après la chute d’Alpha Condé doivent se rendre à l’évidence : la Guinée est encore loin d’une justice indépendante.
Kassory Fofana aura peut-être droit à un second procès, mais dans un système où l’équité judiciaire est inexistante, son appel a-t-il vraiment une chance d’aboutir ?
L’issue de cette affaire ne se jouera pas dans un tribunal, mais dans le rapport de force entre un régime militaire qui veut s’accrocher au pouvoir et une opposition qui cherche à survivre dans un climat de répression.
— conakrylemag




