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Départs en clair-obscur : quand les silences dessinent les vérités
L’affinité ethnique ne garantit ni la loyauté ni la permanence de l’alliance.

Départs en clair-obscur : quand les silences dessinent les vérités
Il est des constats que la lucidité impose, même lorsqu’ils dérangent les évidences commodes. Ainsi, l’on observe que plusieurs figures ayant gravité autour d’Elhadj Cellou Dalein Diallo pour ne citer que les plus en vue : Amadou Oury Bah, Ousmane Gaoual Diallo, Souleymane Thiâ’nguel Bah, Alpha Boubacar Bah, Mamadou Cellou Baldé, Maladho Diallo, Lamarana Petty Diallo, Mamadou Bailo Diallo, Souleymane Bah, Hady Bah se sont éloignées de l’UFDG, ont pris des chemins de traverse ou vivent une rupture, ouverte ou larvée, avec la ligne incarnée par leur ancien compagnon de route.
Ce retrait progressif ou cette dissidence assumée, pour être analysés avec rigueur, mérite qu’on dépasse les apparences. Et surtout, qu’on s’affranchisse des prismes simplistes d’une lecture strictement communautaire cette tentation toujours latente dans nos paysages politiques.
Car, paradoxalement peut-être, ceux qui, depuis l’accession d’Elhadj Cellou Dalein Diallo à la tête de l’UFDG, après feu Bâ Mamadou, sont demeurés à ses côtés sans faillir, ne partagent pas nécessairement avec lui les mêmes racines socioculturelles.
Kalemoudou Yansané, Fodé Oussou Fofana, feu Ibrahima Sory Alain Touré et Aliou Condé pour ne citer qu’eux, témoignent d’une fidélité constante qui contraste singulièrement avec l’onde de défection évoquée plus haut.
Cette situation invite à repenser les fondements sur lesquels nous avons bâti certaines certitudes. Comme le suggérait le philosophe Gaston Bachelard, « le réel n’est jamais ce qu’on pourrait croire, mais il est toujours ce qu’on aurait dû penser. » À la lumière de ces départs successifs, il devient légitime de s’interroger : la contestation vient-elle toujours de l’extérieur, comme le voudrait un réflexe pavlovien de méfiance communautaire ? Ou naît-elle parfois au sein même du cercle familial, là où l’on s’attendrait à la solidarité inconditionnelle ?
Les faits, têtus, nous rappellent que l’affinité ethnique ne garantit ni la loyauté ni la permanence de l’alliance. Peut-être est-il temps de réviser nos paradigmes politiques, non à l’aune des origines, mais à celle des convictions et des trajectoires individuelles. Car, au bout du compte, ce ne sont pas les autres qui ont quitté Elhadj Cellou Dalein Diallo : ce sont les siens.
Par Abou Maco journaliste
PAR CONAKRYLEMAG.COM
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