PolitiqueA LA UNELes perles de sankara
Détour d’un isolement républicain
La République mérite mieux. Vraiment mieux.
Détour d’un isolement républicain
Ce n’est que maintenant que je commence à comprendre certaines choses. Non pas parce que j’étais absent à la fin du parcours j’y étais bel et bien mais parce que j’en avais été méthodiquement exclu : blacklisté, confiné, réduit au silence, privé de toute visibilité sur ce qui se tramait dans les coulisses mêmes de mes propres bureaux.
Pendant ce temps, sous la pression de quelques complexés notoires, d’anciens négociants en pneus et batteries, fraîchement promus spécialistes autoproclamés de l’information et de la communication, on a préféré aux professionnels des recrues de l’ombre : des blogueurs improvisés, véritables « insultologues » de métier, sélectionnés pour faire ce que les règles de l’éthique et de la morale réprouvent.
C’est ainsi qu’est née une caste toxique sur les réseaux sociaux, dédiée à l’anéantissement verbal des responsables politiques et de leurs familles, dans une violence langagière d’un niveau jamais atteint dans notre mémoire collective. Et pourtant, ces dérapages honteux, je n’en ai pris connaissance que récemment, au détour d’archives numériques et d’infâmies conservées dans les marges de la toile.
Mais le plus saisissant aujourd’hui, c’est de constater, à travers les règlements de comptes publics entre ces mêmes blogueurs, qu’ils bénéficiaient d’un accès direct aux plus hautes sphères de l’État, parfois plus que ceux qui y exerçaient officiellement. L’histoire retiendra que le cœur de la République fut, un temps, infiltré par ceux qui confondent popularité et compétence, buzz et gouvernance.
Ce que je ressens aujourd’hui n’est pas de la rancune. Non. C’est un profond regret. Regret que la République ait pu être entraînée aussi bas, dans les marécages de l’incompétence, des injures faciles et du bavardage stérile. Regret que les graines de médiocrité, jadis semées à la volée, aient germé pour produire aujourd’hui une moisson d’aberrations. Et tristesse de voir qu’encore aujourd’hui, on continue de recycler les ordures comme si c’était là la seule ressource nationale.
La République mérite mieux. Vraiment mieux.
P.S. : Toute ressemblance avec des événements réels survenus dans une quelconque République serait, bien sûr, fortuite… ou presque.
Par Abou Maco journaliste
PAR CONAKRYLEMAG.COM
— conakrylemag
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