
Élections en Guinée : Quand la transition se transforme en campagne pro-Doumbouya
Il n’y a désormais plus aucun doute sur les intentions du CNRD : Mamadi Doumbouya sera candidat à la présidentielle et tout est déjà mis en place pour lui assurer une victoire écrasante… dès le premier tour.
C’est en tout cas le message sans ambiguïté du général Amara Camara, ministre secrétaire général à la présidence, qui appelle les Guinéens à un recensement massif pour garantir la victoire de « notre champion ».
Les masques tombent enfin ! Alors que la junte promettait une transition neutre et inclusive, elle s’active désormais à verrouiller le processus électoral pour assurer la continuité de son pouvoir.
Une élection jouée d’avance ?
Les déclarations d’Amara Camara confirment ce que tout le monde pressentait :
- Le CNRD ne se contente pas d’organiser des élections, il les orchestre pour s’assurer la victoire.
- Le régime utilise déjà les moyens de l’État pour mobiliser ses partisans et fausser le jeu démocratique.
- La société civile et l’opposition sont muselées, les manifestations interdites et les voix dissidentes réprimées.
Si Doumbouya était vraiment sûr de sa popularité, aurait-il besoin de telles manœuvres pour préparer le terrain ?
Une transition devenue machine électorale
Depuis des mois, les signaux étaient clairs :
- Les ministres et cadres du régime multiplient les appels à sa candidature.
- Les médias d’État sont mobilisés pour chanter ses louanges.
- Les structures locales du pouvoir sont mises à contribution pour s’assurer un contrôle total du processus électoral.
Ce que nous vivons n’est plus une transition démocratique, mais une opération de maintien au pouvoir sous un habillage électoral.
Vers un hold-up électoral ?
Avec un recensement totalement contrôlé par l’État, une opposition traquée ou exilée, et une commission électorale aux ordres, comment croire à une élection libre et transparente ?
Ce qui se prépare ressemble à une mascarade électorale bien huilée, où le but est de donner une légitimité démocratique à un pouvoir militaire qui n’a jamais eu l’intention de partir.
Le peuple acceptera-t-il cette farce ?
Amara Camara peut bien appeler à un « recensement massif », mais les Guinéens ne sont pas dupes. Ils savent que cette élection n’aura rien de démocratique si le CNRD continue de museler toute opposition et d’imposer un choix unique.
La question est donc simple : le peuple laissera-t-il passer cette confiscation du pouvoir sans broncher, ou exigera-t-il de vraies élections, où chaque voix compte réellement ?
— conakrylemag




