
Élie Kamano brise le silence : « Le CNRD est un cartel civilo-militaire liberticide »
La répression menée par la junte militaire guinéenne continue de susciter l’indignation. Cette fois, c’est Élie Kamano, reggaeman et ancien militant engagé, qui sort de son silence pour dénoncer les dérives autoritaires du CNRD.
L’arrestation brutale d’Abdoul Sacko, coordinateur du Forum des Forces Sociales de Guinée, a été la goutte de trop. L’artiste exige la libération immédiate de tous les activistes pro-démocratie, dont Foniké Mengué et Billo Bah, détenus pour avoir osé défier la junte.
« Un cartel civilo-militaire liberticide »
Dans une déclaration cinglante, Élie Kamano ne mâche pas ses mots. Il accuse le régime militaire de vouloir étouffer toutes les voix dissidentes, utilisant les enlèvements et la répression comme outils de gouvernance.
L’artiste explique qu’il s’était tenu à l’écart des débats politiques pour se concentrer sur sa carrière musicale, mais que face à la brutalité du pouvoir, il lui est impossible de rester silencieux.
« Je ne pourrais jamais bâillonner ma plume lorsque je suis frappé par la flagrance des pratiques liberticides orchestrées par ce cartel civilo-militaire dénommé CNRD. »
Des mots durs, mais qui reflètent une réalité de plus en plus incontestable : le pouvoir militaire en Guinée s’installe dans une logique de terreur et d’élimination de toute opposition.
Un appel au réveil des consciences
Élie Kamano met en garde la junte : les Guinéens n’accepteront pas éternellement de vivre sous la peur. Il rappelle que le respect des libertés est un combat qui ne pourra être étouffé par des arrestations arbitraires et des intimidations.
« Le CNRD doit comprendre qu’il y a encore des Guinéens qui font don de leur personne par intégrité, dignité et patriotisme pour sauver les petits acquis qui nous restent au nom de la patrie guinéenne. »
L’artiste dénonce également l’arrivisme de ceux qui, par opportunisme, se sont ralliés à la junte pour des intérêts personnels. Mais il insiste : chacun a le droit de défendre ses convictions et de militer pour une autre vision de la Guinée.
Un régime de plus en plus isolé
L’intervention d’Élie Kamano montre que la contestation ne se limite plus aux seuls acteurs politiques et de la société civile. Désormais, des figures culturelles et artistiques osent dénoncer la dictature rampante du CNRD.
Mais la vraie question demeure : jusqu’où le régime militaire est-il prêt à aller pour imposer son pouvoir ?
Chaque arrestation arbitraire, chaque acte d’intimidation, chaque tentative de museler l’opposition rapproche un peu plus la Guinée d’un soulèvement populaire.
Élie Kamano a brisé le silence. Combien d’autres le feront avant que la colère du peuple ne devienne incontrôlable ?
— conakrylemag




