La fuite des capitaux fait perdre 14 milliards de dinars à l’Algérie

La fuite des capitaux fait perdre 14 milliards de dinars à l’Algérie

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En hausse de 134 %, les chiffres sur la fuite des capitaux donnent le vertige dans un contexte économique de vaches maigres.

Lors de son récent point de presse, Brahim Saâda, le sous-directeur des contentieux des recouvrements à la Direction générale des douanes (DGD), affirmait que près de 140 millions d’euros ont quitté illicitement l’Algérie en 2015, soit une hausse de 134 % par rapport à 2014.

Des chiffres accablants
« La plupart de ces infractions portent sur des majorations de facturation et sur le non-rapatriement des devises », résume Brahim Saâda. Sont principalement concernés les opérations de change, le dédouanement, mais aussi le commerce illicite. Notamment celles portant sur des majorations de facturation et sur le non-rapatriement des devises, détaille Saâda. Il confirme aussi que plus de 724 dossiers liés à l’infraction de change ont été transmis à la justice par la DGD, en dix-huit mois, dont 500 dossiers durant l’année 2015 et 224 autres durant le premier semestre de l’année en cours, pour un montant de 19,512 milliards de dinars de pénalités. En ce qui concerne le contrôle effectué a priori par les services douaniers, c’est-à-dire lors des opérations de dédouanement, la DGD a détecté près de 26 000 infractions en 2015, ce qui équivaut à une perte de 184 milliards de dinars. Sur les autres infractions enregistrées, 19 000 ont été liées à la fraude commerciale et plus de 6 000 à la contrebande (en hausse de 17 % par rapport à 2014).

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Que fait le gouvernement ?
Et pourtant, la fuite des capitaux qui gangrène l’économie algérienne n’est pas nouvelle. Depuis des années, les scandales se succèdent, mettant souvent en cause des entreprises nationales et étrangères qui s’adonnent à la majoration de leurs importations pour faire transférer des devises à l’étranger. Dans un rapport du cabinet américain Global Financial Integrity intitulé « Flux financiers illicites issus des pays en développement : 2003-2012 », publié fin 2014, l’Algérie a, à ce titre, été classée à la 46e place sur 151 pays concernés. L’agence américaine révèle que les fuites de capitaux sont allées crescendo depuis les années 2000, avec 490 millions de dollars enregistrés en 2003, pour atteindre 2,259 milliards en 2006 et un pic de 3,378 milliards de dollars en 2008 puis 3,172 milliards de dollars en 2009.

En effet, le véritable problème est que les fraudeurs trouvent toujours d’autres ruses pour corrompre le système. Et, pour l’heure, les nombreuses mesures prises par le ministère du Commerce et la Direction générale des impôts (DGI) pour la lutte contre la fraude peinent à porter leurs fruits. En effet, le ministère du Commerce, la DGD et la Direction générale des impôts (DGI) ont signé en 2015 deux accords de coopération dans le cadre de la coordination intersectorielle pour la lutte contre la fraude. Un véritable frein au développement économique du pays. Mais, sur le terrain, ces accords ont du mal à être appliqués alors que le contexte se fait pressant pour une diversification de l’économie algérienne.

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