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Guinée : Incertitudes Autour de la Candidature de Mamadi Doumbouya à la Présidentielle de 2025

Guinée : Incertitudes Autour de la Candidature de Mamadi Doumbouya à la Présidentielle de 2025

Ce vendredi 8 août 2025, la Guinée retient son souffle alors que la question de la candidature du général Mamadi Doumbouya à la prochaine élection présidentielle domine les débats. Alors qu’un référendum constitutionnel est prévu le 21 septembre pour poser les bases de ce scrutin, le Premier ministre Amadou Oury Bah a laissé planer le doute lors d’un entretien sur RFI, suggérant que rien n’indique que le chef de la junte ait renoncé à sa promesse de 2021 de ne pas se présenter.

Cette déclaration, faite en ligne depuis Conakry face aux questions de Christophe Boisbouvier, intervient dans un contexte de tensions politiques et de préoccupations humanitaires, notamment autour des disparitions de deux leaders de la société civile. Cet article explore les enjeux de cette évolution, les préparatifs du référendum, et les défis qui se profilent pour la transition guinéenne.

Une promesse en suspens

 

Depuis la prise de pouvoir par Mamadi Doumbouya le 5 septembre 2021, la charte de transition stipulait clairement que ni lui ni les membres de la junte ne pourraient se porter candidats aux élections nationales. Pourtant, avec l’approche du référendum du 21 septembre, des spéculations persistent sur un possible changement de cap. Interrogé sur RFI, Amadou Oury Bah a prudemment répondu : « Pour le moment, aucune information officielle n’a été délivrée sur ce sujet. Mais ce qui est sûr, les dispositions constitutionnelles qui vont certainement être proposées à la population le 21 septembre prochain n’interdisent pas la candidature principalement de Monsieur Mamadi Doumbouya. » Il a toutefois éludé toute confirmation, laissant à Doumbouya le soin de s’exprimer directement lorsqu’il le jugera opportun.

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Cette ambiguïté alimente les craintes d’une confiscation du pouvoir, d’autant que des cadres de la junte ont récemment laissé entendre que le président pourrait briguer la magistrature suprême. Bah Oury a insisté : « Rien n’indique qu’il a renoncé à sa promesse. » Cette réserve contraste avec les attentes de l’opposition et de la société civile, qui voient dans cette hésitation un risque de dérive autoritaire, quatre ans après le coup d’État qui a renversé Alpha Condé.

Préparatifs du référendum et controverses

 

Le référendum du 21 septembre doit entériner une nouvelle Constitution, un préalable à l’organisation de la présidentielle, espérée avant la fin de l’année selon le Premier ministre. Pour constituer le fichier électoral, un recensement biométrique a été effectué, recensant 6,7 millions de votants. Cependant, l’exclusion du principal opposant, Cellou Dalein Diallo, ancien Premier ministre et leader de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), a suscité des interrogations. Bah Oury a justifié cette omission par un « problème de résidence », expliquant que Diallo, vivant à l’étranger, n’aurait pas attesté d’une durée suffisante de présence en Guinée. Cette explication a été accueillie avec scepticisme, beaucoup y voyant une manoeuvre pour écarter une voix dissidente.

Le projet de Constitution propose un mandat présidentiel de sept ans, renouvelable une fois, avec des dispositions d’intangibilité renforcées pour éviter une présidence à vie. Bah Oury a assuré que ces mesures visent à prévenir toute modification future, répondant aux critiques sur un éventuel glissement autoritaire. Toutefois, l’absence d’une date précise pour la présidentielle, malgré l’objectif de 2025 comme « année électorale », laisse planer l’incertitude.

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Une crise humanitaire dans l’ombre

 

Au-delà des enjeux politiques, l’entretien a abordé la disparition inquiétante de deux figures de la société civile, Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah, enlevés le 9 juillet 2024 à Conakry par des hommes armés en uniforme. Treize mois plus tard, leur sort reste inconnu. Bah Oury a reconnu la gravité de la situation : « Nous cherchons toujours et de la manière la plus sérieuse à avoir des renseignements sur leur sort, sur les lieux où ils pourraient être. » Il a exprimé l’espoir qu’ils soient encore en vie, une déclaration qui contraste avec l’absence de progrès concrets, alimentant les accusations de violations des droits humains sous la transition.

Cette affaire ternit l’image du régime, déjà critiqué pour la répression des manifestations et les restrictions des libertés. Les familles des disparus, soutenues par des ONG, continuent de réclamer des réponses, plaçant le gouvernement sous pression internationale.

Impact économique et regards extérieurs

 

Sur le plan économique, la Guinée semble relativement épargnée par les nouvelles surtaxes douanières américaines entrées en vigueur le 7 août 2025. Bah Oury a minimisé l’impact, soulignant que l’économie guinéenne, axée sur l’exportation de bauxite et bientôt de fer vers la Chine, n’est pas directement affectée. « C’est relativement marginal », a-t-il précisé, mettant en avant la dépendance commerciale avec Pékin plutôt qu’avec Washington.

À l’international, la participation de Doumbouya à l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre 2024 avait déjà suscité des débats. Aujourd’hui, ses intentions présidentielles pourraient influencer les relations avec la CEDEAO et les partenaires occidentaux, qui surveillent de près l’évolution de la transition.

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Perspectives et défis

 

La Guinée se trouve à un carrefour. Si le référendum valide la nouvelle Constitution, la présidentielle pourrait redonner une légitimité démocratique au pays, à condition qu’elle soit inclusive et transparente. Cependant, l’incertitude autour de la candidature de Doumbouya risque de polariser davantage la société, entre soutiens de la junte et opposition déterminée à défendre l’héritage de la charte de 2021.

Pour les Guinéens, l’enjeu dépasse les ambitions personnelles du général : il s’agit de restaurer la confiance dans les institutions et de répondre aux crises humanitaires en cours. Alors que le référendum approche, les prochains jours seront décisifs pour éclaircir les intentions de Mamadi Doumbouya et tracer la voie vers un avenir politique incertain mais espéré.

PAR CONAKRYLEMAG.COM

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