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Guinée : L’UFDG sonne l’alerte un nouveau visage dans le viseur de la junte

Une surveillance digne d’un État policier

Guinée : L’UFDG sonne l’alerte un nouveau visage dans le viseur de la junte

Parmi les ombres qui s’allongent sur la scène politique guinéenne, celle qui plane actuellement au-dessus de Souleymane Souza Konaté, coordinateur de la cellule de communication de l’UFDG, inquiète au plus haut point. Ce vendredi 18 juillet 2025, l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) a publié une déclaration grave : selon le principal parti d’opposition, un “projet funeste” serait en cours contre l’un de ses cadres les plus visibles.

Cette nouvelle alerte s’inscrit dans un climat déjà saturé de tensions, de violations répétées des droits humains et de méfiance généralisée vis-à-vis du régime militaire du CNRD. Pour l’UFDG, les faits sont suffisamment graves pour justifier une mobilisation citoyenne.


Une surveillance digne d’un État policier

Le parti affirme que Souleymane Souza Konaté, également président de la Commission communication de l’ANAD (Alliance Nationale pour l’Alternance Démocratique), fait l’objet d’une surveillance rapprochée de la part des services de sécurité. Les déplacements du responsable seraient suivis, des hommes non identifiés auraient été signalés aux abords de son domicile, et ses voisins ont été interrogés sur ses habitudes quotidiennes. Un dispositif qui, selon l’UFDG, rappelle les méthodes préalables aux enlèvements ou aux arrestations extrajudiciaires.

Ce schéma inquiétant n’est pas sans rappeler les précédents récents : Foniké Menguè, Billo Bah, Me Mohamed Traoré, Saadou Nimaga, Abdoul Sacko, Siaka Barry, tous ciblés à un moment ou à un autre par des actions illégales d’enlèvement, d’intimidation ou de séquestration. Dans certains cas, les victimes n’ont jamais été revues.


Une constante : la répression de la voix critique

Pour les observateurs avertis, le cas Konaté n’est qu’un nouvel épisode d’une stratégie plus vaste de neutralisation progressive de l’opposition. La communication politique, domaine que dirige précisément Konaté au sein de l’UFDG, est devenue un champ de bataille. Dans un régime où la communication officielle tend à l’unanimisme et à la glorification du pouvoir, toute dissonance est perçue comme une menace à neutraliser.

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Souleymane Souza Konaté incarne justement cette dissonance assumée. Porte-voix de l’UFDG et de l’ANAD, il a souvent dénoncé les dérives autoritaires du CNRD, la manipulation du fichier électoral, le harcèlement judiciaire, la confiscation des libertés fondamentales, et plus récemment l’exclusion de Cellou Dalein Diallo du processus d’enrôlement pour le référendum constitutionnel. Des prises de position qui dérangent, dans un contexte où la parole critique est de plus en plus criminalisée.


Une inquiétude légitime, enracinée dans les faits

L’UFDG ne crie pas au loup sans raison. Depuis 2022, la Guinée a glissé dans une spirale où les garanties constitutionnelles ne sont plus qu’un vernis fragile. Le pays vit désormais au rythme de communiqués de l’armée, de décrets présidentiels sans contre-pouvoir et de discours autoritaires masqués derrière une rhétorique de “refondation”.

Les institutions judiciaires, censées garantir l’État de droit, sont tétanisées ou complices. Les procureurs généraux multiplient les annonces d’“enquêtes approfondies” qui ne débouchent sur rien. Le Conseil National de la Transition (CNT), lui, valide à la chaîne des lois liberticides. Quant au Ministère de la Sécurité, il se réfugie systématiquement dans le silence dès qu’un enlèvement ou une disparition est dénoncé.

Dans ce paysage, la vigilance de l’UFDG relève autant de la précaution que de la lucidité.


L’opposition sous tension permanente

Depuis le début de la transition militaire, chaque cadre de l’opposition paie un prix. Pour certains, ce sont des convocations récurrentes, pour d’autres des gels d’avoirs, des interdictions de quitter le territoire, ou carrément des passages à tabac. Difficile, dans ces conditions, d’envisager sereinement un débat politique ouvert ou une compétition électorale loyale.

L’objectif implicite du régime semble clair : épuiser moralement, financièrement et physiquement les figures de l’opposition, jusqu’à les réduire au silence ou les pousser à l’exil. Or Konaté, à l’image de Cellou Dalein Diallo ou Ousmane Gaoual Diallo à une époque, fait partie de ces profils qui continuent de mobiliser, de parler, de fédérer.

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Une stratégie de la peur qui s’étend

Cette peur que le régime veut instiller ne se limite plus aux politiques. Elle s’étend aux journalistes, aux avocats, aux activistes, à tous ceux qui, par leur verbe ou leur plume, dérangent les récits officiels. Le cas Elie Kamano, récemment victime d’une tentative d’enlèvement selon ses dires, en est un autre exemple. Il suffit désormais de critiquer publiquement Mamadi Doumbouya ou l’un de ses ministres pour se retrouver dans le viseur.

Et dans ce jeu de la terreur, l’absence de réaction des institutions internationales renforce l’impunité. À part quelques communiqués de façade, aucune pression réelle n’est exercée sur le régime guinéen, pourtant de plus en plus liberticide.


Le rôle des médias indépendants

Alors que plusieurs radios et télévisions ont été suspendues ces derniers mois Radio Espace, Djoma TV, FIM FM… la répression médiatique a permis de créer un vide informationnel que la propagande d’État vient combler sans résistance. Dans ce contexte, le cas de Konaté est doublement inquiétant : non seulement il est un opposant, mais il est aussi communicant, c’est-à-dire un potentiel relais de contre-discours, un diffuseur d’alternatives narratives.

C’est probablement cela qui dérange le plus le CNRD. Dans une Guinée où l’espace public est verrouillé, ceux qui persistent à parler librement sont considérés comme des ennemis intérieurs.


Un appel à la vigilance nationale et internationale

Dans son communiqué, l’UFDG appelle non seulement ses militants, mais l’ensemble du peuple guinéen à la vigilance. Un appel qui résonne comme un avertissement : après Foniké, Billo, Traoré… qui sera le prochain ? Le parti demande aussi à la communauté internationale  jusque-là bien silencieuse d’ouvrir les yeux sur les dérives de la transition guinéenne.

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Car au rythme actuel, la Guinée s’éloigne chaque jour un peu plus des principes républicains. La constitution, pourtant promise comme socle de la refondation, est aujourd’hui instrumentalisée pour légitimer un pouvoir sans contrôle. Les opposants sont criminalisés, les droits fondamentaux suspendus, les médias bâillonnés.


Une ligne rouge à ne pas franchir

Arrêter ou tenter de faire taire un cadre comme Souza Konaté, c’est franchir une ligne rouge supplémentaire. C’est envoyer un message clair à tous les Guinéens : désormais, personne n’est à l’abri. Pas même ceux qui usent seulement de leur droit à la parole.

Dans une démocratie digne de ce nom, la critique ne devrait pas conduire à la prison, la torture ou la disparition. Elle devrait nourrir le débat, faire avancer les idées, construire des ponts entre les divergences. Mais dans la Guinée du CNRD, elle devient une menace à abattre.


La mémoire contre l’oubli

Il est essentiel que la société civile, les syndicats, les associations professionnelles, les partis politiques, mais aussi chaque citoyen lambda, refusent de normaliser l’inacceptable. Chaque enlèvement, chaque menace, chaque intimidation doit être documentée, dénoncée, archivée.

Et si un jour la justice revient dans ce pays, chaque victime aura droit à réparation, chaque bourreau devra rendre compte. En attendant, il faut continuer de dire, de crier, d’écrire.

Souleymane Souza Konaté n’est pas encore un nom de plus sur la liste noire des disparus. Mais tout indique qu’il pourrait le devenir. À moins que la mobilisation ne l’en empêche.

 

PAR CONAKRYLEMAG.COM

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