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Guinée : Makanera Minimise les Menaces de Manifestation des Forces Vives pour le 5 Septembre

Guinée : Makanera Minimise les Menaces de Manifestation des Forces Vives pour le 5 Septembre

À 11:58 AM CEST ce lundi 11 août 2025, la Guinée est le théâtre d’un débat politique intense suite à l’annonce des Forces Vives de Guinée (FVG) d’organiser des manifestations pacifiques à partir du 5 septembre, marquant le quatrième anniversaire de l’arrivée au pouvoir du Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD).

Cette décision, prise dimanche lors d’un conclave virtuel, vise à s’opposer à une supposée « confiscation du pouvoir » par la junte dirigée par le général Mamadi Doumbouya. Cependant, Alhousseiny Makanera Kaké, ancien ministre et coordinateur du mouvement Synergie Général Mamadi Doumbouya (SGM2025), a balayé cette initiative d’un revers de main dans un entretien avec Mosaiqueguinee.com. Selon lui, ces manifestations n’auront pas lieu, « tout simplement parce qu’il n’y a pas de manifestants ». Cet article analyse ses arguments, le contexte de cette controverse, et les perspectives qui en découlent.

Une critique cinglante des Forces Vives

Makanera, connu pour son soutien à la junte, a réagi avec scepticisme à l’annonce des FVG, estimant que leur appel à manifester est « inopportun ». En tant que démocrate, il reconnaît le droit à la manifestation si elle est autorisée et respecte la législation, mais il juge la démarche des FVG mal fondée. « Quand j’ai lu la déclaration des Forces Vives, je suis encore déçu », a-t-il déclaré, critiquant leur incapacité à distinguer entre un amendement et l’adoption d’une nouvelle constitution. Selon lui, la charte de transition de 2021, qui interdisait à Doumbouya de se présenter, n’a plus de valeur juridique depuis l’initiation d’un nouveau projet constitutionnel soumis à référendum le 21 septembre.

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Il argue que « aucune constitution ne dit comment elle doit être remplacée », mais que les dispositions internes permettent son changement. « Une fois qu’on a changé cette constitution ou cette charte, ça n’existe plus. On ne peut pas violer les dispositions d’une charte qui n’existe plus », a-t-il expliqué. Pour Makanera, s’opposer au référendum revient à nier la souveraineté du peuple, qui doit trancher par les urnes. « Si vous dites au peuple de ne pas voter, nous allons dire que le peuple n’a qu’à voter. Si vous êtes majoritaires, on va respecter le verdict des urnes », a-t-il ajouté, plaidant pour un arbitrage démocratique plutôt qu’une mobilisation de rue.

Une absence de manifestants anticipée

La déclaration la plus provocante de Makanera reste son affirmation que « il n’y aura pas de manifestation le 5, tout simplement parce qu’il n’y a pas de manifestants ». Cette prédiction s’appuie sur sa conviction que les Guinéens, notamment les jeunes, ont compris l’enjeu du référendum et soutiennent la vision de Doumbouya. Il considère que les FVG, malgré leur rhétorique, n’ont pas le soutien populaire nécessaire pour mobiliser massivement, surtout dans un contexte où les manifestations sont interdites depuis mai 2022.

Cette position reflète une confiance marquée dans la popularité du CNRD, un argument souvent utilisé par les soutiens de la junte pour justifier leur gestion de la transition. Cependant, elle minimise les frustrations croissantes exprimées par l’opposition et la société civile, qui dénoncent une dérive autoritaire et l’exclusion de figures comme Cellou Dalein Diallo du recensement biométrique.

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Contexte et tensions sous-jacentes

L’annonce des FVG intervient dans un climat politique tendu, alors que le référendum du 21 septembre doit entériner une nouvelle Constitution perçue par l’opposition comme un moyen pour Doumbouya de contourner sa promesse de ne pas se présenter. Les FVG estiment que ce projet vise à « s’offrir une présidence à vie », une accusation que Makanera rejette en soulignant les dispositions d’intangibilité censées limiter les mandats à deux fois sept ans. Cette divergence d’interprétation illustre la polarisation entre les pro-junte et les opposants, exacerbée par l’absence d’un calendrier électoral clair depuis 2021.

La récente interview de Bah Oury sur RFI, laissant planer la possibilité d’une candidature de Doumbouya, a attisé ces tensions. Les critiques de Dr Faya Millimouno sur le non-enrôlement de Diallo ont également renforcé le sentiment d’une exclusion systématique, rendant l’appel à manifester des FVG plus crédible aux yeux de certains.

Perspectives et enjeux

La prédiction de Makanera pourrait se vérifier si les autorités maintiennent une répression stricte, dissuadant les foules de descendre dans la rue. Cependant, une mobilisation réussie, même limitée, pourrait contredire son analyse et forcer le CNRD à négocier. Les actions prévues à l’étranger par la diaspora pourraient aussi amplifier la pression internationale, notamment de la CEDEAO, qui surveille la transition.

Pour les FVG, le défi sera de surmonter les divisions internes et d’organiser une action coordonnée malgré l’interdiction. Si Makanera a raison sur l’absence de manifestants, cela signalerait un soutien populaire plus fort pour la junte qu’anticipé. À l’inverse, une participation massive le 5 septembre pourrait relancer la contestation et compliquer la campagne référendaire.

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Un pari audacieux de Makanera

En affirmant qu’il n’y aura pas de manifestation le 5 septembre faute de manifestants, Alhousseiny Makanera mise sur la résilience du CNRD et le rejet populaire des FVG. Son argumentaire, ancré dans une défense de la souveraineté populaire via le référendum, cherche à délégitimer l’opposition tout en consolidant le narratif de la junte. Cependant, dans un pays marqué par des frustrations croissantes, cette prédiction reste un pari risqué. À mesure que le 5 septembre approche, l’issue dépendra de la capacité des FVG à mobiliser et de la réponse des autorités. Dans ce climat d’incertitude, la Guinée retient son souffle, attendant de voir si les rues resteront silencieuses ou s’animeront de protestations.

PAR CONAKRYLEMAG.COM

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