Un homme suspecté d'être mort du virus ebola, gît sur le sol le 21 août 2015 à Conakry | AFP/Archives | CELLOU BINANI
Un homme suspecté d'être mort du virus ebola, gît sur le sol le 21 août 2015 à Conakry | AFP/Archives | CELLOU BINANI

La fièvre hémorragique Ebola est de retour en Guinée

Premiers décès dus à Ebola en Guinée, une résurgence de la maladie en Afrique de l’Ouest

Le ministère de la santé se dit « préoccupé » après l’annonce de quatre décès dans la région de Nzérékoré. Le gouvernement organise une réunion de crise dimanche.

La fièvre hémorragique Ebola est de retour en Guinée, soit la première résurgence signalée de la maladie en Afrique de l’Ouest, d’où était partie la pire épidémie de l’histoire du virus (2013-2016).

« On est vraiment préoccupés, il y a déjà quatre décès de la fièvre hémorragique à virus Ebola dans la région de Nzérékoré [Sud-Est], dont deux à Nzérékoré même et deux dans la sous-préfecture de Gouéké », en Guinée forestière, a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) le ministre guinéen de la santé, Rémy Lamah, samedi 13 février.

« Il y a une infirmière de Gouéké qui est tombée malade vers la fin du mois de janvier. Elle est décédée entre le 27 et le 28 janvier et a été inhumée le 1er février à Gouéké », a pour sa part expliqué le patron de l’Agence nationale de la sécurité sanitaire (ANSS), le Dr Sakoba Keïta, cité par le site GuinéeMatin. « Parmi ceux qui ont participé à l’enterrement, huit personnes ont présenté des signes : diarrhées, vomissements et saignements. Trois d’entre eux sont décédés et quatre autres sont hospitalisés à Nzérékoré. »

 

Selon lui, un patient s’était « échappé » mais a été retrouvé et a été hospitalisé à Conakry. Interrogé par l’Agence France-Presse (AFP), le Dr Keïta a confirmé avoir tenu ces propos.

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Une réunion de crise dimanche

Le patron de l’ANSS et le ministre de la santé ont, tous les deux, fait savoir que les prélèvements analysés par un laboratoire mis sur pied par l’Union européenne à Guéckédou, dans la région, avaient détecté la présence du virus Ebola. Les résultats d’analyses complémentaires étaient attendus dans les prochaines heures.

« Nous avons pris toutes les dispositions, une équipe d’alerte est sur place pour identifier les cas contact », a dit à l’AFP le ministre, Rémy Lamah. « Je suis inquiet en tant qu’humain, mais je reste serein car on a géré la première épidémie et la vaccination est possible. Il y aura une réunion de crise demain [dimanche]. »

Le chef de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a fait état de « deux cas possibles d’Ebola en Guinée-Conakry », ajoutant qu’un « dépistage de confirmation » était « en cours ».

 

Une épidémie achevée en 2016

Provoquant une fièvre brutale, des maux de tête, des vomissements et diarrhées, le virus Ebola a été identifié pour la première fois en 1976 au Zaïre, l’actuelle République démocratique du Congo (RDC). Depuis, ce virus, pour lequel il existe deux vaccins expérimentaux mais aucun traitement curatif, a semé plusieurs fois la terreur en Afrique.

Partie en décembre 2013 de Guinée forestière, avant de se propager au Liberia et à la Sierra Leone voisins, l’épidémie en Afrique de l’Ouest s’était achevée en 2016 après avoir atteint dix pays, dont l’Espagne et les Etats-Unis, provoquant plus de 11 300 morts pour quelque 28 600 cas recensés, à plus de 99 % en Guinée (2 500 morts), au Liberia et en Sierra Leone. Ce bilan, sous-évalué de l’aveu même de l’OMS, est sept fois supérieur en nombre de morts à celui cumulé de toutes les précédentes épidémies d’Ebola depuis 1976.

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La deuxième plus grave épidémie d’Ebola, la dixième enregistrée en RDC, s’était déclarée en août 2018 dans l’Est du pays. Elle s’est officiellement achevée en juin 2020, avec un bilan de 3 481 cas et 2 299 décès, selon l’OMS. La onzième épidémie en RDC, qui a causé la mort 55 personnes sur 130 cas recensés dans la province de l’Equateur (nord-ouest), a été déclarée finie le 18 novembre dernier.

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Mais Kinshasa a annoncé, le 7 février, une nouvelle « résurgence » de la maladie dans l’Est du pays, où l’OMS a dépêché une équipe d’épidémiologistes et se prépare à une campagne de vaccination dans la zone touchée. Au 10 février, les autorités congolaises avaient enregistré le décès dû à cette nouvelle vague d’Ebola de deux agricultrices dans la province du Nord-Kivu.

Le Monde avec AFP Contribuer

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