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Nouvelle Constitution : le comité d’experts remet son rapport… ou comment maquiller une dictature en « démocratie participative »

Nouvelle Constitution : le comité d’experts remet son rapport… ou comment maquiller une dictature en « démocratie participative »

La grande mascarade constitutionnelle guinéenne vient de franchir une nouvelle étape : le Comité d’experts chargé de la « relecture » de l’avant-projet de nouvelle Constitution vient officiellement de remettre son rapport au président du CNT. Une remise solennelle, protocolaire, soigneusement filmée, pour faire croire que tout ceci est le fruit d’un processus inclusif, ouvert, et transparent.

Mais que personne ne s’y trompe : derrière cette mise en scène bien orchestrée, le texte constitutionnel en préparation est tout sauf le résultat d’une consultation réelle des citoyens. C’est plutôt une opération d’habillage démocratique, un montage savant conçu pour légitimer la mainmise durable des militaires sur la vie politique du pays.

Le CNT, chambre d’enregistrement ou chambre noire du pouvoir ?

Ce rapport remis en grande pompe au président du Conseil National de la Transition (CNT) n’est pas une simple formalité administrative : c’est l’officialisation d’une Constitution taillée sur mesure pour la junte au pouvoir. Le CNT, censé représenter les citoyens pendant la transition, se comporte davantage comme une chambre d’enregistrement politique que comme une instance indépendante.

Soyons clairs : ce Comité d’experts, aussi compétents soient-ils individuellement, agit sous forte pression politique. Qui les a choisis ? Le régime. Sur quels critères ? Leur docilité. Pour quel objectif réel ? La légitimation rapide du pouvoir en place.

Ce rapport n’est donc pas un texte constitutionnel impartial : c’est un mode d’emploi pour transformer une junte militaire en régime civil acceptable sur le papier.

Relecture ou réécriture sous tutelle ?

Officiellement, les experts parlent de « relecture ». Mais la vérité, c’est que cette Constitution n’est pas amendée : elle est fabriquée. On ne « relit » pas une Constitution rédigée en coulisses par des généraux. On ne fait qu’y apporter une apparence de légitimité technique, quelques touches de vernis juridique, quelques formulations vaguement rassurantes.

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Mais en réalité, l’essentiel reste inchangé :

Renforcement excessif des pouvoirs présidentiels ; Affaiblissement des contrepouvoirs parlementaires ; Dispositions ambiguës sur les mandats présidentiels, ouvrant la porte à une présidence quasi-illimitée pour le chef du CNRD, Mamadi Doumbouya.

C’est une Constitution faite par le pouvoir, pour le pouvoir, avec une façade d’expertise indépendante.

Où est la participation populaire dans tout ça ?

La grande absente de cette soi-disant relecture constitutionnelle, c’est précisément la voix du peuple.

Aucun véritable débat public national. Pas de consultations démocratiques larges et représentatives. Des partis politiques écartés, neutralisés ou réduits au silence. Et une société civile muselée par peur ou opportunisme.

Alors, quel sens donner à une Constitution censée incarner la volonté générale, quand le « général » en question porte un béret rouge ?

Le piège du référendum du 21 septembre

Le pouvoir promet une consultation populaire via le référendum prévu en septembre. Mais de quelle consultation parle-t-on exactement ?

D’un vote précipité sans réelle campagne contradictoire ; D’un scrutin encadré par un fichier électoral fabriqué en 45 jours avec des kits à 35 millions de dollars ; D’une élection sous surveillance policière où les voix discordantes n’auront pas droit de cité.

Ce n’est pas un référendum : c’est un plébiscite forcé, orchestré par un régime qui a déjà écrit son résultat dans les bureaux feutrés du palais présidentiel.

Une Constitution pour légaliser la confiscation du pouvoir

Cette nouvelle Constitution n’est pas là pour « refonder la République », mais pour en verrouiller les portes à double tour. Elle prépare méthodiquement la candidature officielle du chef de la junte. Elle habille une prise de pouvoir militaire d’une légitimité juridique artificielle.

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En vérité, cette Constitution ne sert ni la démocratie ni l’État de droit. Elle sert une ambition personnelle devenue obsession politique : celle d’un général qui rêve d’une transition éternelle.

Ce rapport n’est pas une étape démocratique : c’est un crime politique

La remise du rapport au président du CNT ne doit pas être vue comme un événement républicain, mais comme un avertissement politique.
Un avertissement clair adressé à l’opposition, à la société civile, aux citoyens conscients : « Voici le texte qu’on vous impose. » « Voici la démocratie qu’on vous autorise. » « Voici la légalité que vous devrez accepter. »

Mais attention : une Constitution imposée par la force, le silence et la manipulation, c’est une Constitution mort-née.

Cette « nouvelle Constitution » restera peut-être sur le papier, mais elle ne gagnera jamais le cœur des Guinéens.
Parce qu’une Constitution vraie n’est pas écrite pour un homme, mais pour une nation.

Et une nation qui se respecte n’accepte jamais de devenir l’otage juridique d’une dictature déguisée en démocratie.

PAR CONAKRYLEMAG.COM

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