Labé : l’imam Hamid Bah rétabli dans ses fonctions après une médiation locale
Labé : l’imam Hamid Bah rétabli dans ses fonctions après une médiation locale
À Labé, l’affaire de l’imam Hamid Bah connaît un rebondissement. Suspendu et interdit d’accès à la mosquée après un sermon jugé polémique le 11 juillet dernier, le religieux a finalement été rétabli dans ses fonctions à l’issue d’une médiation menée par un groupe de jeunes de la ville.
La ligue islamique préfectorale a accepté de lever la sanction qui pesait sur lui, mettant fin à une crise qui avait enflammé les réseaux sociaux et divisé l’opinion locale.
Un imam devenu symbole malgré lui
L’imam Hamid Bah, affaibli et alité depuis sa suspension, a présenté des excuses à toute personne ayant pu se sentir offensée par ses propos. « Je n’ai jamais voulu blesser ou diviser », aurait-il confié à ses proches.
Ironie du sort : cette affaire l’a propulsé au centre de l’attention. Sur les réseaux sociaux, son nom est devenu viral, transformant ce prédicateur local en symbole des tensions entre liberté de parole religieuse et contrôle institutionnel des prêches.
Une médiation citoyenne plutôt qu’un bras de fer
Ce sont des jeunes de Labé qui ont pris l’initiative d’apaiser la situation. En rencontrant la ligue islamique préfectorale et en plaidant pour une sortie de crise, ils ont obtenu un compromis. Leur déclaration, lue le 31 juillet, acte officiellement la levée de la suspension et l’autorisation pour l’imam de reprendre ses fonctions.
Cet épisode montre la puissance de la médiation communautaire dans une région où les structures religieuses et sociales sont intimement liées à la vie quotidienne.
Une affaire qui dépasse la mosquée
Derrière cette levée de suspension, un débat plus large émerge : quelle est la limite entre liberté de prêche et responsabilité publique dans un contexte où la religion a un poids social majeur ? L’affaire Hamid Bah, bien que locale, révèle une tension plus profonde sur la place des voix religieuses dans la société guinéenne et sur la manière dont elles sont régulées.
Vers un retour au calme ?
Pour l’heure, la décision de la ligue islamique met fin à une crise qui menaçait de s’envenimer. Mais la popularité soudaine de l’imam et la médiatisation de l’affaire laissent une question ouverte : cette suspension levée sera-t-elle une parenthèse ou le début d’un débat national sur la régulation des discours religieux ?
Une chose est sûre : à Labé, ce jeudi 31 juillet, la communauté a choisi l’apaisement plutôt que le conflit. Et c’est peut-être la vraie leçon de cette affaire.
— conakrylemag




