
Nouvelle Constitution : Le Gouvernement Guinéen Oppose une Fin de Non-Recevoir aux Accusations d’Exclusion
En Guinée, le débat autour du projet de nouvelle constitution fait rage, alimentant passions et crispations au sein de la classe politique. Accusé par certaines forces vives de favoriser l’exclusion dans la conduite du processus, le Gouvernement, par la voix du Premier ministre Bah Oury, s’est voulu on ne peut plus clair : “Tout le monde a été convié à participer à l’élaboration du projet constitutionnel sans discrimination, sans rejet de qui que ce soit.”
Une mise au point ferme, qui vise à désamorcer les critiques acerbes d’une partie de l’opposition et de la société civile. Pour le chef du gouvernement, il ne fait aucun doute que l’élaboration du texte fondamental, qui sera soumis au peuple lors du référendum du 21 septembre, s’est déroulée dans l’inclusivité. “Le CNT a pris le temps de parcourir l’ensemble du pays, d’écouter, de recueillir l’avis des Guinéens sur le présent et l’avenir de notre Nation”, souligne Amadou Oury Bah.
Les Forces Vives Entre Méfiance et Réalité du Terrain
Mais la réalité de la rue, des quartiers populaires aux places publiques de Conakry, nuance le tableau officiel. Les forces vives brandissent le spectre de l’exclusion, dénonçant “le simulacre d’un dialogue où les dés seraient pipés d’avance”. Pour beaucoup, la consultation nationale évoquée par le gouvernement n’aurait pas permis, en profondeur, la libre expression de toutes les tendances.
Pour autant, le gouvernement campe sur ses positions. L’objectif affiché : rassurer, apaiser, et légitimer une démarche institutionnelle visant à refonder la République sur de nouvelles bases, dans un contexte où chaque mot pèse lourd.
Un Référendum Sous Haute Tension
À moins de deux mois du scrutin, la tension monte. Le projet constitutionnel, loin de faire consensus, s’invite dans toutes les conversations, révélant les lignes de fracture de la nation guinéenne. Le pouvoir tente de montrer patte blanche, les opposants dénoncent une mascarade. Un schéma classique, mais qui s’inscrit aujourd’hui dans une séquence historique dont l’issue demeure incertaine.
Le 21 septembre, les urnes auront le dernier mot. Mais au-delà du texte, c’est la capacité du pays à renouer avec la confiance et l’unité qui sera réellement mise à l’épreuve.
— conakrylemag




