
Le MODEL célèbre le 8 Mars avec une formation en saponification : une initiative concrète malgré un contexte politique sombre
Alors que les discours creux et les cérémonies symboliques dominent souvent la Journée internationale des droits des femmes en Guinée, le MODEL (Mouvement pour l’Engagement et la Liberté) a choisi d’agir autrement, en organisant une formation en saponification pour favoriser l’autonomisation économique des femmes.
Dans un pays où les opportunités économiques sont rares et où les femmes sont les premières touchées par la précarité, cette initiative mérite d’être saluée. Plutôt que de se contenter de slogans sur l’égalité, le MODEL a fait le choix du pragmatisme : donner aux femmes des compétences qui leur permettront de générer des revenus.
Mais derrière cette belle initiative, le climat politique reste étouffant. Son leader, Aliou Bah, croupit toujours dans les geôles du CNRD, incarcéré pour son engagement politique, symbole d’une transition qui réprime au lieu de dialoguer.
Former pour autonomiser : une démarche à encourager
Dans un pays où les femmes sont souvent reléguées à des rôles secondaires sur le marché du travail, leur donner les moyens d’être financièrement indépendantes est une nécessité.
La saponification, bien qu’artisanale, peut devenir une activité rentable si elle est accompagnée d’un véritable appui entrepreneurial : accès au financement, formation à la gestion et débouchés commerciaux.
Le MODEL envoie ainsi un message fort : l’autonomisation passe par des actions concrètes, et non par des discours de façade.
Mais cette action ne doit pas être isolée. Il faut aller plus loin :
- Encourager la formation des femmes dans des secteurs diversifiés et innovants.
- Créer un cadre où elles peuvent accéder aux financements sans entraves.
- Garantir leur présence dans les sphères de décision économique et politique.
Aliou Bah toujours détenu : une ombre sur la lutte pour les droits
Si le MODEL continue de se battre pour l’émancipation des femmes, son leader, Aliou Bah, demeure prisonnier du régime, simplement pour avoir osé exprimer ses opinions.
- Comment parler de liberté et de justice sociale quand ceux qui défendent ces valeurs sont derrière les barreaux ?
- Comment célébrer l’autonomisation des femmes alors que la répression politique empêche toute dynamique démocratique ?
- Quelle est la valeur du 8 Mars si l’on réduit au silence ceux qui veulent réellement changer les choses ?
Un message de résilience et de lutte
Le combat pour l’égalité et la justice ne peut pas être dissocié de celui pour la liberté d’expression et le respect des droits humains.
En soutenant les femmes à travers cette initiative, le MODEL prouve qu’il reste un acteur engagé malgré la répression. Mais il appartient aux autorités d’entendre ce message : on ne construit pas un pays en emprisonnant ceux qui veulent l’améliorer.
Le 8 Mars est une journée de lutte. Aujourd’hui, cette lutte est économique pour les femmes… et politique pour ceux qui osent parler.
— conakrylemag




