Libération de deux responsables de l’UFDG : quatre mois de prison pour avoir osé… exister politiquement
Quatre mois de détention préventive. Quatre mois de silence institutionnel. Quatre mois d’injustice méthodique. Voilà ce qu’auront enduré deux responsables de l’UFDG, récemment libérés après avoir été arrêtés pour leur implication dans une manifestation pacifique des Forces Vives de Guinée.
Leur crime ? Avoir manifesté. Avoir levé la voix. Avoir osé défier la junte par des moyens citoyens.
Leur châtiment ? Une incarcération arbitraire, dans l’indifférence totale du droit.
Et aujourd’hui, on les libère — sans excuses, sans réparation, sans même un mot du parquet. Comme si quatre mois derrière les barreaux étaient une simple formalité administrative.
La Guinée de Doumbouya : manifester devient un acte criminel
Le régime actuel a peut-être mis fin au mandat d’Alpha Condé, mais il a conservé tous les réflexes autoritaires d’un pouvoir qui criminalise l’opposition.
Participer à une marche ? Direction la maison centrale. Organiser un meeting ? Interdiction préfectorale. Exprimer une opinion divergente ? Arrestation au petit matin.
Et dans le cas de l’UFDG, tous les moyens sont bons pour affaiblir un parti encore très enraciné dans l’opinion.
Les leaders sont surveillés. Les fédéraux harcelés. Les structures étouffées. Et quand tout cela ne suffit pas, on embastille.
Quatre mois pour quoi, exactement ?
Ni procès. Ni jugement. Ni faits précis.
Juste une décision politique habillée en procédure judiciaire.
Une détention dissuasive, pour faire peur aux autres, pour tester les lignes, pour imposer le silence.
Et au bout, on relâche sans bruit, espérant que personne ne posera de questions.
Mais ces quatre mois volés, ce sont quatre mois de vie, de dignité, de droits fondamentaux piétinés.
Et dans un État de droit, personne ne devrait jamais passer un seul jour en prison sans fondement clair.
La répression ciblée : une stratégie assumée du CNRD
Depuis la prise de pouvoir en septembre 2021, le CNRD avance sous le masque de la refondation, mais gouverne avec la matraque de la peur.
Les leaders d’opinion muselés. Les journalistes menacés. Les partis politiques suspendus. Et les manifestations systématiquement réprimées.
Ce n’est plus une transition. C’est une mise au pas. Et ces arrestations, comme celles des deux responsables de l’UFDG, font partie d’un dispositif bien huilé pour neutraliser toute contestation.
Et pendant ce temps, l’impunité des puissants prospère
Le contraste est saisissant : Deux responsables politiques croupissent quatre mois pour avoir appelé à une marche. Mais les putschistes, les détourneurs de fonds, les anciens bourreaux du 28 septembre, eux, sont graciés, recyclés, ou même promus.
La justice en Guinée n’est pas aveugle. Elle est sélective.
Elle frappe ceux qui dérangent, pas ceux qui détruisent.
Elle protège le pouvoir, pas la légalité.
Libérés, mais pas blanchis : le harcèlement continue
La libération de ces deux responsables ne signifie pas la fin de la répression. Elle signifie une pause stratégique. Un ajustement dans le timing. Un test de réaction.
Car à tout moment, les mêmes méthodes peuvent revenir : nouvelles arrestations, nouvelles accusations, nouvelles incarcérations.
C’est une épée suspendue au-dessus de chaque acteur politique. Un message envoyé à toute la société :
“Ne vous mêlez pas de politique, ou vous finirez en cellule.”
Mais qu’on se le dise : la prison ne fait pas taire les idées. Elle les renforce.
Et en libérant aujourd’hui ces deux cadres, le régime reconnaît une chose sans le dire : il n’a rien contre eux. Rien, sauf la peur de ce qu’ils représentent.
Et quand un pouvoir commence à emprisonner par peur… c’est qu’il sent déjà que son autorité vacille.
— conakrylemag




