
La décision du chef d’état-major de l’armée d’interdire au personnel militaire de prendre des photos en uniforme et de les publier sur les réseaux sociaux soulève plusieurs questions critiques et préoccupations. Une telle mesure pourrait être perçue comme un recul pour la liberté d’expression parmi les membres du service. Comment cette directive sera-t-elle appliquée ? Y aura-t-il une surveillance des comptes individuels sur les réseaux sociaux, et quelles sont les implications pour la vie privée et la liberté personnelle ?
L’interdiction s’étend spécifiquement aux soldates, qui sont en outre empêchées de faire des vidéos en tenue militaire sur des canaux de médias sociaux comme TikTok. Cette partie de la directive pourrait être vue comme particulièrement paternaliste, suggérant une restriction spécifique au genre qui pourrait être jugée inutile et discriminatoire.
L’application d’un tel décret est pleine de défis. C’est une chose d’émettre un ordre ; c’en est une autre de surveiller efficacement les activités en ligne des individus de manière à la fois exhaustive et respectueuse de leurs droits. La menace de « conséquences graves » ajoute un niveau de gravité à l’ordre, indiquant une position potentiellement dure sur ce que beaucoup pourraient considérer comme une activité bénigne.
De plus, la décision peut sembler légèrement déconnectée des réalités modernes de la communication, où les médias sociaux servent d’outil puissant pour les individus pour se connecter avec la société plus large, y compris ceux dans l’armée. En limitant un tel engagement, l’armée pourrait involontairement nuire à son image et à son rapport avec le public, en particulier parmi les jeunes générations qui sont des utilisateurs prolifiques des médias sociaux.
En faisant respecter cette interdiction, l’armée risque de donner l’image d’une institution en décalage avec les normes sociétales contemporaines, conduisant potentiellement à la dérision et à une perception d’être dépassée. Au lieu de favoriser la transparence et l’ouverture, cette mesure pourrait alimenter le scepticisme à l’égard des opérations de l’armée et de sa compréhension du climat social actuel.
Cette directive du général Balla Koivogui, bien que peut-être bien intentionnée en ce qui concerne le maintien de la discipline et de l’image militaires, semble ignorer les réalités de la communication moderne et le rôle des médias sociaux dans l’expression personnelle. La mesure peut être perçue comme un abus de pouvoir, soumettant le personnel militaire à une surveillance excessive et limitant leurs libertés personnelles de manière qui pourrait être considérée comme disproportionnée par rapport au risque de préjudice perçu des activités en ligne.
La rédaction conakrylemag.com