Médias Fermés : Pour une Réouverture Responsable en 2025
Si j’étais le Général Mamadi Doumbouya, je saisirais l’opportunité historique de 2025 pour rouvrir les médias fermés en Guinée. Cette année cruciale, marquée par le référendum constitutionnel, les élections communales, législatives et présidentielles, exige une presse libre et responsable. Une presse capable d’informer, de questionner et de rassembler les Guinéens autour des enjeux démocratiques.
Mais cette réouverture ne saurait se faire sans conditions. Elle doit s’accompagner d’exigences claires et non négociables, conformes aux principes fondamentaux du journalisme. Des principes qui, s’ils avaient été respectés dès le départ, auraient sans doute évité les dérives ayant justifié les fermetures.
Des Exigences pour une Presse Responsable
La réouverture des médias doit s’inscrire dans un cadre strict :
- Respect de la vérité : Plus de manipulations, d’intox ou de fausses nouvelles. Les faits doivent être vérifiés, les sources fiables et les erreurs rectifiées sans délai.
- Fin des dérapages : Plus d’insultes, de diffamations ou de calomnies à l’antenne. La liberté d’expression ne doit pas servir de prétexte au chaos médiatique.
- Déontologie renforcée : Les journalistes doivent s’engager à respecter les codes de la profession, en évitant les règlements de comptes et en distinguant clairement l’information de l’opinion.
Ces exigences ne sont pas insurmontables. Elles constituent même la base du journalisme tel qu’il devrait être pratiqué partout dans le monde. En Guinée, le Code de la presse et de la communication offre déjà un cadre légal pour encadrer la profession. Il suffit de l’appliquer rigoureusement.
Les Responsabilités Partagées
Soyons honnêtes : les médias fermés ne sont pas uniquement victimes des autorités. Ils portent aussi une part de responsabilité dans cette situation. Trop de dérapages, trop d’amateurs s’improvisant journalistes, trop de plateformes transformées en arènes de provocations. À force de confondre liberté et anarchie, certains ont donné des arguments à ceux qui souhaitaient les réduire au silence.
Cependant, fermer les médias indéfiniment n’est pas une solution. Cela prive des familles de leurs moyens de subsistance, limite la diversité des voix et nuit à l’image d’une Guinée démocratique. Une presse libre et responsable est essentielle pour accompagner la Transition et garantir des élections transparentes et crédibles.
Une Opportunité pour la Guinée
La réouverture des médias en 2025 serait un signal fort. Elle montrerait que la Guinée est prête à tourner la page des divisions et à construire un avenir fondé sur le dialogue et la transparence. Elle permettrait aussi à des journalistes compétents de retrouver leur emploi et de contribuer à l’édification d’une société plus juste et plus informée.
Si j’étais le Général Mamadi Doumbouya, je donnerais donc l’instruction à la Haute Autorité de la Communication (HAC) et au ministère de l’Information et de la Communication de travailler à cette réouverture, dans le respect des règles énoncées. Mais voilà, je ne suis pas le Président de la Transition. Je suis le docteur Abou Maco, journaliste et citoyen de Lambanyi-Wariya. À chacun son rôle, à chacun sa responsabilité.
En attendant, espérons que 2025 sera l’année où la Guinée renouera avec une presse libre, responsable et digne de ce nom. Car sans elle, la démocratie reste incomplète.
— conakrylemag




