
Suspension du congrès de l’UFDG : Une décision judiciaire sur commande ?
La décision de la justice guinéenne de suspendre tous les congrès annoncés de l’UFDG continue de provoquer un tollé. Après la stupeur, la riposte s’organise du côté du camp de Cellou Dalein Diallo. Pour ses avocats, cette suspension est purement et simplement une décision scandaleuse dictée par le pouvoir militaire.
« Cette décision ne repose sur aucune base légale valable. C’est une manœuvre politique grossière destinée à empêcher l’UFDG de fonctionner normalement, » s’insurgent les avocats de Cellou Dalein Diallo.
Derrière ce coup judiciaire, une question cruciale se pose : le CNRD a-t-il décidé de prendre directement le contrôle des partis politiques d’opposition ?
Une justice aux ordres du régime ?
Loin d’être un simple conflit interne à l’UFDG, cette suspension ressemble à une nouvelle preuve de l’instrumentalisation de la justice par le CNRD.
- Depuis quand un tribunal décide-t-il du calendrier interne d’un parti politique ?
- Pourquoi la justice intervient-elle précisément au moment où le parti s’apprêtait à organiser son congrès ?
- Pourquoi un tel empressement à paralyser l’UFDG, alors que d’autres formations politiques tiennent leurs activités sans être inquiétées ?
La réponse est évidente : le CNRD ne veut pas d’une UFDG forte et organisée en vue des prochaines échéances électorales.
Une attaque ciblée contre l’opposition
Cette manœuvre judiciaire s’inscrit dans une stratégie plus large visant à empêcher toute opposition crédible de se structurer en vue des prochaines élections.
Depuis plusieurs mois, le pouvoir militaire cherche à neutraliser progressivement les adversaires politiques :
- Cellou Dalein Diallo est en exil forcé.
- Le RPG Arc-en-ciel est toujours interdit de tenir son congrès.
- Les leaders politiques et de la société civile sont intimidés, arrêtés ou réduits au silence.
Aujourd’hui, c’est l’UFDG qui est paralysée par une décision judiciaire qui ne vise qu’à éteindre la dynamique interne du parti.
Le CNRD sait qu’une UFDG organisée et unie représente un danger pour ses ambitions de confiscation du pouvoir. Cette suspension n’est donc pas un simple épisode de plus dans la crise interne du parti, c’est une tentative d’asphyxie orchestrée par l’État.
Ousmane Gaoual Diallo : L’arme du pouvoir contre son ancien parti ?
Difficile de parler de cette crise sans évoquer le rôle trouble d’Ousmane Gaoual Diallo. L’ancien cadre de l’UFDG, devenu ministre et fidèle serviteur du CNRD, n’a jamais caché ses ambitions pour prendre le contrôle du parti.
- Il a initié un congrès parallèle avec le soutien tacite du régime militaire.
- Il a tenté de s’imposer comme un « réformateur » face à Cellou Dalein Diallo.
- Son rapprochement avec le pouvoir a profondément divisé l’UFDG, rendant cette crise possible.
Cette décision de justice lui profite directement : en gelant les congrès, le CNRD lui offre du temps pour affaiblir encore plus le parti et tenter de s’y imposer avec l’appui de la junte.
Un précédent dangereux pour la démocratie
Si aujourd’hui la justice peut interdire un congrès politique, alors demain, elle pourra empêcher toute opposition d’exister.
Quelle garantie avons-nous que d’autres partis ne subiront pas le même sort ?
Si la justice est instrumentalisée pour saboter l’UFDG, qui dit que les futures élections ne seront pas elles aussi contrôlées par le pouvoir ?
Si le CNRD a peur d’un simple congrès, comment peut-il prétendre organiser des élections libres et transparentes ?
Cette décision crée un précédent extrêmement dangereux : la transition guinéenne se transforme de plus en plus en une confiscation du pouvoir sous couvert de légalité.
Un CNRD en panique ?
Il est évident que cette décision de justice traduit une fébrilité du régime.
Mamadi Doumbouya et son entourage savent que leur emprise sur le pays est fragile :
- La population est de plus en plus mécontente.
- L’opposition se réorganise malgré la répression.
- Les partenaires internationaux s’impatientent face à la lenteur du processus de transition.
En empêchant l’UFDG de tenir son congrès, le CNRD cherche à éviter un réveil politique qui pourrait lui être fatal. Mais cette manœuvre grossière pourrait bien produire l’effet inverse : loin de diviser l’opposition, elle risque de la fédérer contre l’ennemi commun qu’est devenu le régime militaire.
Une riposte politique nécessaire
Face à cette tentative de sabotage, l’UFDG ne doit pas rester passive.
- Les militants doivent dénoncer cette ingérence et refuser que leur parti soit pris en otage par la junte.
- Cellou Dalein Diallo et ses alliés doivent organiser une riposte politique efficace pour contourner cet obstacle.
- Les forces démocratiques du pays doivent comprendre que ce n’est pas seulement l’UFDG qui est visée, mais l’ensemble du système multipartite en Guinée.
Si cette décision passe sans résistance, cela signifiera que le CNRD peut désormais décider du destin de tous les partis politiques du pays.
L’avenir de l’UFDG en jeu
La balle est désormais dans le camp de l’UFDG et de son leadership. Va-t-elle subir cette décision en silence, ou va-t-elle s’organiser pour résister à cette tentative de muselage ?
Ce qui est sûr, c’est que le CNRD ne reculera devant rien pour neutraliser toute opposition sérieuse.
Si l’UFDG ne trouve pas rapidement une réponse forte à cette attaque, elle risque de devenir un parti fantôme, dirigé par des hommes imposés par la junte, sans ancrage populaire ni véritable ambition de changement.
La Guinée est à un tournant : accepter cette dérive, c’est accepter la fin du pluralisme politique et la mise sous tutelle des partis par la junte.
Mais l’histoire a prouvé que les peuples finissent toujours par se lever contre ceux qui veulent les bâillonner.
Si le CNRD pense qu’il peut réduire l’opposition au silence par des décisions judiciaires manipulées, il se trompe lourdement.
La riposte pourrait bien être plus brutale que prévu.
— conakrylemag




