
Morissanda Kouyaté : Arrogance diplomatique ou fuite en avant du CNRD ?
Dans une nouvelle sortie aux accents populistes, le ministre des Affaires étrangères, Dr Morissanda Kouyaté, a déclaré que la Guinée « n’a de leçons à recevoir de personne ». Un discours aux allures de nationalisme de façade, qui sert surtout à masquer l’isolement grandissant du régime militaire sur la scène internationale.
Mais derrière ces déclarations martiales, une question se pose : le CNRD cherche-t-il réellement à affirmer la souveraineté de la Guinée ou tente-t-il simplement de justifier son refus de respecter les engagements démocratiques ?
Un discours usé jusqu’à la corde
Les régimes militaires et autoritaires ont toujours utilisé le même refrain lorsqu’ils sont critiqués par la communauté internationale :
- « Nous sommes un État souverain. »
- « Nous n’avons de leçons à recevoir de personne. »
- « L’Occident veut nous imposer son agenda. »
Mais cette rhétorique ne trompe plus personne.
Quand la Guinée bénéficiait des financements et des aides internationales, recevait-elle ces fonds sans conditions ?
Quand Mamadi Doumbouya et ses hommes ont promis de respecter un calendrier de transition devant la CEDEAO et l’ONU, personne ne leur a mis un couteau sous la gorge.
Quand le CNRD se tourne aujourd’hui vers des bailleurs étrangers pour éponger la crise économique, pourquoi ne rejette-t-il pas ces « leçons » ?
On ne peut pas quémander d’un côté et jouer les souverainistes de l’autre.
Un isolement diplomatique voulu ?
La vérité, c’est que le CNRD sait qu’il est en train de trahir ses engagements.
- Il a promis une transition rapide, elle traîne en longueur.
- Il a promis des élections, elles sont sans cesse repoussées.
- Il a promis de restaurer l’ordre constitutionnel, il s’accroche au pouvoir.
En jouant la carte du rejet des « leçons de l’étranger », Morissanda Kouyaté et son gouvernement tentent surtout de préparer les esprits à un durcissement du régime et à une transition interminable.
Ce type de discours sert à justifier d’avance la répression, à diaboliser toute critique extérieure et à empêcher toute pression pour un retour rapide à l’ordre constitutionnel.
Souveraineté ou couverture pour la dictature ?
Être souverain, ce n’est pas rejeter toute critique, c’est assumer ses responsabilités.
Si le CNRD veut vraiment prouver qu’il défend l’intérêt du peuple guinéen, alors il doit :
Publier un calendrier électoral clair et définitif.
Mettre fin aux arrestations arbitraires et à la répression politique.
Garantir une justice équitable et non sélective.
Mais au lieu de cela, on préfère se cacher derrière un faux nationalisme, en espérant que les Guinéens oublient qui a confisqué leur avenir.
Morissanda, l’homme de la propagande du CNRD
Il faut bien un ministre pour justifier l’injustifiable. Et Morissanda Kouyaté remplit parfaitement ce rôle, multipliant les sorties médiatiques où il tente de maquiller l’échec de la transition en une prétendue résistance contre « l’ingérence étrangère ».
Mais les Guinéens ne sont pas dupes.
Ils savent que ce discours sert avant tout à protéger une junte qui cherche à se maintenir au pouvoir.
Et l’histoire l’a prouvé : les régimes militaires qui s’isolent du monde finissent toujours par être balayés.
— conakrylemag





